I.1 Prélude

Prélude.

Après avoir passé plusieurs jours à marcher, une jeune femme arrive au fond d’un col montagneux, enneigé par la douce journée de printemps. Elle fredonne doucement, regardant l’horizon.

Bien plus loin, au coeur du large pays de Midgard, dans un village marchand, une Vikty des Vierges de Wotan s’assied derrière un étal après avoir soigneusement disposé ses objets. Un homme au visage doux et sans âge pose la main sur son épaule.
« Une belle journée qui s’annonce, Dame. Il y a déjà quelques chalands qui arrivent. »
« Oui je peux les entendre Gedri, ils viendront ».

* * *

Revenons quelques temps en arrière…
Islidnna arrive à Jordheim après avoir fini son enseignement de Myste. Très tôt orpheline, elle a été élevée dans la communauté de son peuple, près d’une ville d’artisans Nains. Encapuchonnée, elle avance pour l’instant dans la foule, les paumes tournées vers le ciel, les doigts tendus.
Sans regarder les passants qui la frôlent, la jeune femme se dirige dans les rues, traversant le marché jusqu’à une chapelle.
Elle lève les yeux et inspecte les environs, semblant chercher quelque chose, se baisse pour mettre à terre un galet dessiné d’un symbole. Puis d’un geste ample elle dépose par dessus une sorte de poudre. Ses doigts bougent et dessinent un signe dans les airs. Devant l’objet, un vent se soulève doucement et disperse la poudre.
Islidnna attrape rapidement la pierre et se relève, dirigeant son pas ferme vers le côté de la bâtisse. Cherchant un instant, son oeil s’éclaire alors qu’au coin elle discerne des bribes de conversation. Ce sont deux jeunes femmes qui, appuyées contre le mur, discutent tout sourire.
Lorsque la Naine apparait, l’une des deux se met prestement d’applomb, le visage aux aguets. L’autre, une superbe rousse, regarde la nouvelle venue en lissant ses cheveux tressés.
-« Je suis Islidnna, Dames. On m’a guidée vers vous et je me remet à votre bienveillance. »

« Qui t’as dit où nous étions? »
Une main à sa garde, l’imposante guerrière parle d’une voix forte.
« Et bien… ».
Troulée, la jeune Myste quand à elle bégaie en pâlissant.
-« Nous ne recrutons que des braves, il ne suffit pas d’être une femme! »
Devant son étonnement flagrant, la rousse se redresse à son tour et prend la parole.
-« Nous devons tout d’abord savoir qui t’as recommandée jeune fille! »
-« Ce.. ce sont les Runes qui m’ont guidée, je n’ai fait que suivre leurs signes! »

-« Hm… » La plus grande se frotte le menton d’un air dubitatif, puis reprend
-« Et que penses-tu apporter aux Vierges? »
-« Aux Vierges? » s’étonne encore la Naine
-« Hey oui quoi, aux Vierges de Wotan, notre guilde! » complète l’autre, tandis que son amie esquisse déjà un geste d’ennui.

Islidnna s’empresse de répondre.
-« Mes mains! Je suis artisanne, une très bonne couturière! ».
Les deux femmes esquissent en coeur un sourire, quelque peu condescendant.
-« Aisni que ma connaissance des Runes! ».
-« Laisse petite, ne gaspille pas ta salive, nous ne recrutons que des braves, je te l’ai déjà dit! »
-« Bryn… » La rousse tente un instant de lui dire quelque chose, mais se ravise et se tourne vers la Myste.
-« Pourtant je suis bien sûre… »
Dépitée et presque suppliante, l’enfant tend les mains ouvertes vers elle, laissant s’échapper la pierre gravé qui vient rouler aux pieds des Vierges.

Les trois femmes regardent le galet s’échapper dans un instant de silence, et lentement se stabiliser, dévoilant le signe.
-« Eolh ». Elles prononcent toutes trois le mot et se regardent mutuellement.
-« Eolh, le symbole des Valkyries. Tu avais raison, c’est sûrement nous que tu cherche petite! Quel est ce signe pour toi? ».
-« C’est la Rune qui m’a été attribuée lors de la cérémonie de sacre Dames. Il est celui qui guide mes orations et mes pas, la voie qu’Odin a choisi pour moi. »
-« C’est bien ça alors. Soit la bienvenue parmis nous ma Soeur! ».

Leurs visages se détendent et elles semblent soudain se comprendre parfaitement.
« Je me nomme Brynhild, je suis la Gardienne des Secret des Vierges de Wotan ».
« Et moi je suis Aeli. Excuse notre chef mais elle est très méfiante. Soit la bienvenue… quel est ton nom encore? »
« Islidnna! Je me nomme Islidnna, Dames ».

C’est ainsi que la jeune femme entre dans la légende des Vierges de Wotan. Aujourd’hui encore, nous ne savons pas tout sur ces guerrières mystérieuse.

On a retrouvé ce commentaire sur elles.
« Ces femmes sont courageuses, Elles ont choisi une voie difficile… Vivre sans hommes, faire voeux de chasteté et de pureté… Quelle audace si ce n’est orgueil ! Mais le chemin du Valhalla et la défense des Ases amène parfois les hommes à bien des extrêmes… »
Erika pasait par leur taverne et les messages laissés sur des parchemins parcourus lui inspiraient la complexité de la destinée des Vierges, gardiennes du royaume d’Odin.
Car ce ne sont que des écrits qui restent de leur histoire, des bribes de mémoire marquées à jamais, constituant le parcours qui les mena… vers leur destinée.

Et voici quelles étaient les paroles de la Complainte des Vierges de Wotan, qu’un jour une chanteuse Kobold confia à l’une d’entre elles, Psylvien.

« Laissez-moi vous parler d’un autre temps,
D’une guilde à Midgard il y a bien longtemps,
Des femmes, toutes sœurs dans la joie et dans le sang
Elles s’appelaient Vierges de Wotan…

Fortes et fières, elles allaient de l’avant,
Contre tous les démons, Odin les guidant,
Valkyries fidèles et servantes mais, mortelles pourtant
Triste destin, Vierges de Wotan…

Richesse et gloire n’étaient pas leurs penchants,
Honneur et dévotion bien plus gratifiants,
Malgré les épreuves et les doutes elles souhaitaient vraiment,
Etre toujours Vierges de Wotan… « 

Tragique et pourtant indispensable, leur destin se dessina entre elle au long de leurs aventures. Lorsqu’on pu retrouver les Tablettes runiques, de nombreux noms étaient cités. Nous savons alors que les fondatrice étaient au nombre de huit: Brynhild Nifflehog, Sil Sigrdifa, Slayanya BloodMessiah, Psylvien Eolh, Neraia Skeggjold, Aeli Wassili, Ivory Haggerfel, et Islidnna. La neuvième fût Melissandre, fille du protecteur des Vierges Grossbouf, la dixième et dernière leur Soeur de sang Vynnea. Elles furent accompagnées de Cila, Enae, Hingeleen, Katay, Nott, Psylvian, Symphonie, Araushnee, qui partagèrent leur vocation, et de bien d’autres qui passèrent un temps, et parfois revinrent comme Lame.

Mais commençons par le début.
Islidnna vient d’arriver à la maison des Vierges. Cette grande bâtisse rénovée est tenue avec rigueur mais semble toujours un peu agitée. Dans la grande salle, où siège une immense table pour les réunions privées, sont disposées des chaises, près de la cheminée. Ici une armure traine, là un livre ouvert. Près de la fenêtre, un atelier de cuirs semble servir régulièrement. La première à l’accueillir dans ces murs est une femme au visage mince et avenant. C’est Neraia Skeggjold, qui lui tape gentillement dans le dos.
-« Bienvenue nouvelle Soeur ».
Avant qu’Isli aie pu comprendre comment Neraia savait déjà qu’elle venait pour cela, ses affaires étaient posées sur une chaise, et, une choppe de bière prestement servie à la main, elle visite la maison. Ce n’est pas alors encore le bel intérieur que Brynhild put s’offrir par la suite, mais l’ensemble est propre et entretenu. Elle découvre en souriant le grand dortoir où elle allait passer les nuits suivantes, et reste un long moment devant l’immense bibliothèque, qu’elle aura soin de compléter à son tour par la suite. Neraia est étrangement familière, et la jeune femme en conclu que les Vierges sont une grande fratrie soudée, apaisée de trouver en ces lieux une nouvelle communauté pour l’accueillir.

Quelques temps lui furent nécessaire pour s’habituer à cette autre vie. Elle continuait son apprentissage des Runes, aidée de Psylvien, une guérisseuse elle aussi sortie depuis peu de son Temple d’Eir. De longues soirées à réviser, entre fous-rires et sérieux religieux, tissèrent tout de suite entre elles une indéfectible amitié.
Elle fît la connaissance de Sil, étrange entre toutes, courageuse devant l’éternel, certainement la plus féroce de toutes les guerrières. De Slayanya, guérisseuse, excellente artisane des métaux. D’Ivory, la chasseuse douce et ingénue, toujours prompte à partir son arc en main et son loup aux bottes. Toutes différentes, complémentaires, la nouvelle venue eu au début un peu de mal à trouver sa place. De petite nature et sujette à de fréquentes crises d’athme, il lui était très difficile de tenir la distance lors des sorties armées que ses Soeurs affectionnaient. Elle choisi de se perfectionner dans la théorie des Runes tout en s’appliquant à la couture. C’est encore avec Psylvien, grande artisane de la guilde, qu’elle passait alors le plus de temps, égayée par les passages de Sieur Grossbouf Oengus (il changea de nom par la suite…).
Ce Troll toujours enjoué, beau parleur devant l’éternel, venait souvent les divertir en racontant de ses interminables histoires, ponctuées d’anecdotes de guerre, faisant briller dans les yeux d’Islidnna les souvenirs qu’elle ne pouvait partager avec ses Soeurs.
Ainsi passsèrent les premiers temps dans la maison des Vierges, dans l’allégresse et la joie des retrouvailles.
Islidnna, passant parfois en ville pour acheter des composants de sorts et du nécessaire de couture, fît la connaissance de plusieurs personnes, dont un chaman Troll nommé Rorkal. Touchant et romantique, il ne tarda pas à convaincre son coeur de s’unir au sien.
C’est alors que le destin frappa une première fois.

Les Valkyries, dites de filles d’Odin, étaient des vierges accompagnant Odin dans la Chasse Sauvage à la quête de héros morts au combat. Leur mission était de sélectionner les Einherjars pour les emporter au Walhalla en vue du Ragnarök. Elles chevauchaient de superbes étalons nacrés qui étaient la personnification des nuages. Leur crinière mouillée répandait une rosée fertile sur la terre mais leurs ailes emmenés même leurs maîtresses sur les mers où elles appelaient les marins pour les rejoindre. Cependant cette version idyllique des Valkyries ne doit pas cacher leurs origines sanguinaires qui les présentent comme des créatures redoutables ivres de tueries et de carnages telles des amazones sauvages ou des Déesses sanguinaires ayant plaisir à s’enivrer de la vision des membres arrachés et des blessures gorgées de sang. Et ces funestes esprits démoniaques tuaient les guerriers parfois elles-mêmes pour les choyer au Walhalla ! Là, elles se présentaient comme des gracieuses vierges aux longs cheveux blonds coiffés en chignon. Elles étaient vêtues de larges et amples robes de cérémonies pour servir la viande et l’hydromel aux guerriers fatigués. Outre leur quête de guerriers, elles étaient aussi les messagers d’Odin et elles parcouraient les cieux armés de lances et e casques sur leurs chevaux ailés (ou parfois des cygnes, voir des dragons ailés), leurs armures formant parfois d’étranges lueurs, les « lueurs Nordiques », en fait, les aurores boréales.

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