II.3 Génèse

Chapitre 2

Génèse

La guilde se formait non sans mal. De nouvelles recrues commencèrent à y entrer, aggrémentant elles aussi de leur histoire celle des Valkyries. Parfois, elles parlaient d’elles mêmes, d’autres se confiaient moins facilement, mais toutes avaient connu des périodes difficiles.

Hingueleen souvent racontait cette terrible tragédie, avec le charme naïf de sa jeunesse, et, les yeux pleins d’émotion, semblait chercher auprès des Vierges une réponse à ses questions:

« Je suis née à Veldon, un petit village au nord du Val Mularn ou il fait toujours froid. J’ai grandi aux pieds des montagnes gelées que Vanjord, mon regretté père, m’a appris à respecter et au coté ma mère Jeel, qui m’a élevé dans la tradition viking.

Avant la construction de Svasud Faste, le fort de Veldon fut édifié ds le but de prévenir toute incurtion d’un royaume ennemi et garantir une protection aux habitants du village. A l’époque ou les troubles commencèrent à apparaitre dans la faune qui peuplent « mes » montagnes, j’oubliai un soir les recommandations de mon père et fut attaquée par ce qu’on ne croyait n’être qu’un hobgobelin. La vérité se revela être bien pire…

On raconte au village qu’on retrouva mon père mourant à mes cotés, le corps lacérés, seul témoignage d’un combat perdu d’avance ou seuls l’honneur d’un viking et la vie de sa fille furent sauvés. On fit mander le guérisseur et l’enchanteur d’Haggerfel afin de soigner la morsure dont j’avais été victime. Devant leur impuissance, ma mère faillit à la promesse donnée à mon père de ne jamais revoir son frère maudit… Dyre.

On m’emmena jusqu’à Jordheim ou mon oncle accepta de me soigner sans hésiter alors qu’il ne me restait qu’une étincelle de vie. Je ne croyais pas les disciples de Hel capable d’un tel prodige. Ma mère non plus. Pour sa sécurité et la mienne, nous nous etablîmes à Jordheim et j’apprenai de mon oncle les secrets de la magie. Celle de Hel.

Par la volonté d’Odin, j’ai croisé le chemin des Vierges et mis mon baton au service de leur cause. »

Pylvien pour sa part avait aussi sa part de mystère… qui joua tout au long de sa vie un très grand rôle. Les Vierges connaissaient alors déjà sa mère, Orsalne, qui passait régulièrement dans leur demeure, et sa petite soeur Psylviann venait d’intégrer leurs rangs.

« Je suis Psylvien Eolh, fille de Phorgen et Orsalne Eolh. Mes parents étaient un couple de Thanes, guerriers et protecteurs de Midgard. Ils faisaient partie de l’ancienne guilde « Valkjosandi ».Au cours d’un combat en forêt d’Yggdra, mon père trouva la mort par un Mage Albionnais qui le maudit, l’empêchant ainsi de rejoindre le Valhalla…

A la fin de la guerre, ma mère se trouva fort dépourvue, elle n’avait que 28 ans et 3 enfants dont elle devait s’occuper : Moi-même, alors âgée de 8 ans, mon frère Cadalys, 6 ans et ma sœur Psylviann, 5 mois… La situation n’était pas facile pour elle… Elle se lança dans le commerce, mais Midgard avait surtout besoin de reconstruction… Elle fut donc obligée, je le comprends maintenant et ne lui en veut pas, de m’envoyer au couvent d’Eir dès l’âge de 10 ans afin de m’assurer une éducation correcte tout en pouvant subvenir aux besoins de ses autres enfants…

Les études ne me passionnaient pas vraiment, mais je tenais beaucoup à pouvoir soigner les gens et entretenir des rapports privilégiés avec Odin et le Valhalla : la mort de mon père était inacceptable et, égoïstement, je pensais qu’en vouant ma vie à Odin, celui-ci pourrait permettre à mon père de rejoindre le Valhalla… Mais le prix à payer était la solitude…

La guerre recommença alors que je n’étais âgée que de 17 ans… Les bases de mon éducation étaient posées, mais j’avais encore beaucoup à apprendre… Lors de séminaires entre guérisseurs, je rencontrais Vylsk, jeune disciple d’Eir de mon âge… Le coup de foudre fut instantané, mais de courte durée : la guerre redoublait et notre présence sur les champs de bataille devenait nécessaire au détriment de notre apprentissage…

Suite à une grande bataille en Uppland, nous devions soigner beaucoup des nôtres, j’entendis soudain des pleurs et vit un jeune Elfe blessé et terrorisé, sa mère gisait à ses côtés. Il semblait n’avoir que 4 ou 5 ans, et mon cœur oublia la guerre, Vylsk était d’accord avec moi, nous voulions le recueillir n’ayant pas le droit d’enfanter… Mais je dus demander la permission au conseil d’Eir, ce que je fit en allant chercher du renfort la zone n’étant pas sure… Quand je revint, l’horreur remplaça ma joie en ne voyant que le cadavre de Vylsk… immédiatement je tentais de le ramener du Valhalla mais la voix du grand prêtre de Eir se fit entendre : « point d’amour interdit en ce royaume, telle est la règle… il ne reviendra pas… »

Désemparée, je quittais alors l’ordre de Eir, et devint une none guerrière itinérante…

Odin est juste toutefois : il ne me retira pas mes pouvoirs et me permis de continuer à progresser, car j’allais sur tous les champs de bataille pour prodiguer mes soins et assouvir ma soif de vengeance si toutefois je restais célibataire… Quelques années plus tard, à Jordheim alors que je travaillais avec Gest à l’apprentissage de l’armurerie, je rencontrais Slayanya, j’ai aujourd’hui 28 ans et la suite, mes sœurs, vous la connaissez… Mon frère est entré dans l’ordre des Skalds, et ma sœur est une jeune prêtresse d’Odin, elle a en effet été très troublée pendant toute son enfance et à fait ce choix le jour ou elle réussit à entrer en contact avec l’âme de mon père…Elle cherche depuis, elle aussi, à entretenir les meilleurs rapports possibles avec celui qu’elle sert et garde le contact avec mon père…Cela lui donne un certain équilibre et nous permet d’avoir une grande aide de temps à autres…L’aide qu’il nous apporte aidera peut être à sa conduite vers le Valhalla, c’est la mon seul espoir… Ma mère, quant à elle, voyage de ville en ville à la recherche de disciples Thanes qu’elle pourrait aider, étant la seule survivante de sa guilde « Valkjosandi », et ne voulant pas que celle-ci meurt, elle cherche celui ou celle qui pourra lui succéder…. « 

L’on peut remarquer que les deux femmes ont en commun la disparition de leur géniteur, et que cela les marque fortement. Sont-ce des orphelines qu’Odin, père de toutes choses, a appelées pour venir le seconder? Se sont-elle naturellement tourné vers lui pour retrouver un père? Ou ces morts faisaient-elles déjà partie de l’Histoire?

Un jour, alors qu’on ne l’avait plus revue depuis de nombreuses lunes, Islidnna revint.

« Au coin de l’âtre du foyer des Vierges,
dans les rues de Jordheim,
aux dîners communs,
la Vikti Naine est réapparue.

Souriante comme à son habitude, bien que la verve engourdie,
peut-être un peu maigrie et pâlie de ses longs séjours enfermée,
elle explique à qui veut savoir les raisons de son absence.

Bientôt se sait qu’elle a passé du temps à travailler ses rituels,
jusqu’à acquerir d’anciens et rares sortilèges.

De l’usage des plante entre autre, lui aillant permit d’apaiser son asthme chronique.
Et à ceux qui cherchent jusqu’où le pouvoir des Runes peut mener, répond:

« Les Runes du pouvoir guerrier affectent le présent,
celles de divination nous éclairent l’avenir.
Nulles de celles là ne peut pourtant égaler le pouvoir des Runes qui dévoilent notre passé ».

Grossbouf, devenu plus proche encore de la guilde au long du temps, continuait à vivre à leurs côtés. Il se tourmente de voir combien son aimée a changé, comme son frère Oriphiel l’avait dit. A l’image de Bryn revenue hagarde du Valholl, son comportement est différent. De plus en plus, il comprend qu’elle est loin de tout ce qui les attachait avant cet évènement.
Un soir, seul dans la cour, il déclamait ce poème à mi-voix, entrecoupée d’émotion. Nous ne saurons pas si Sil l’a un jour entendu, mais il lui était certainement destiné.

« Decouvrir a quel point la souffrance peut etre dure…
Toucher parfois le vide du desepoir….
Retrouver peut etre les larmes que l’on a pleuré avant….
Des fois nos reves nous echappe….
De pres et de loin…
Nous les gardons serrez contre notre poitrine…
Nous disant qu’ils existent….
Que nous devons seulement chercher….
Chercher l’impossible
Courage dans la nuit qui nous défie…
dans son ombre voudrait-elle nous embrasser parfois…
Ne laissons pas le doute se semer dans notre conscience…
Suivons les cris de notre coeur…
La vie existe…
Elle se nourit par nos rêves….
Par nos désirs…
Par notre desespoir…
Ne point lacher la corde qui nous relie à Elle…
Voici notre devoir….
Tu te bats pour elle mais aussi contre Elle..
Elle apporte en elle la réalité…
Elle nous brise…
Elle déchire notre coeur et meurtrie des fois notre ame
plus qu’elle ne l’est déjà…
Mais toi…
Tu as la force, la sagesse, le courage en toi..
Serts toi de ses armes
Pour la combattre…
Et pour la mériter… « 

Ainsi qu’il était désigné, les Vierges ne pouvaient entretenir d’alliance de coeur autre que celle qui les liait à la guilde, et quel qu’en soit le coût, la consigne était préservée.

Courageux, ‘Boubou’ ainsi qu’aimaient à le surnommer ses proches, surmonte l’épreuve lui aussi. Cela, entre autres, lui vaut l’honneur d’être le seul homme jamais intronisé auprès des Vierges de Wotan. Sans pouvoir pour autant porter l’insigne, il est adoubé Gardien des Vierges, titre qu’il gardera tout au long de sa vie.

Pendant ce temps, une assemblée extraordinaire est initiée par Brynhild. Pour s’agit pour les membres d’une part de faire le point sur la Charte de Guilde et sur les derniers évènements.

Au sujet des sacrifices, Brynhild cite un extrait sur la vocation et la position d’Odin.

« La pendaison d’Odin, qui semble avoir inspiré de réels sacrifices :

Je sais que j’étais pendu / A l’arbre balayé par le vent
Pour neuf longues nuits, / Percé par la lance
Et offert à Odin : / Moi-même donné à moi-même
Sur cet arbre / Dont nul ne connaît Les racines.
Ils ne me donnèrent pas de pain / Ni à boire dans la corne;
Je scrutais les profondeurs, / J’atteignis les runes,
Dans un cri je m’en emparai, / Et alors je tombai à la renverse…

Il montre un double caractère: on le vénère comme le protecteur de ceux qui lui sont dévoués, mais on le redoute comme le dieu aux actions imprévisibles et néfastes. Il est le chef d’une équipe de guerriers, constituant un corps de fidèles autour du chef élu. Ce dévouement a donc un caractère sacré et trouve sa justification dans le lien étroit qui les relie à Odin. Le dieu protège les grands héros et il leur prête son secours en leur donnant l’invulnérabilité, en leur apprenant un stratagème et en leur prêtant la victoire. Mais il arrive toujours un moment où il trahit son protégé. « 

Cette citation soulève à nouveau la question de l’interprétation de leurs vocations et façon de l’interpréter.
Sil décrit une vision beaucoup plus sanguinaire du dieu et des Valkyries:

« WOTAN(ou Odinn)
Dieu insatiable, qui veut toujours plus de combats, de puissance, de plaisirs, de femmes; voulant imposer la loi de sa volonté à tout et à tous; à la recherche du pouvoir absolu; l’archétype d’un Faust.Il est aussi le dieu des morts, qui parcourtles champs de batailles pour offrir les victimes aux Walkyries.
Symbole de la violence aveugle: il voyage dans les plis d’un manteau bleu de nuit, un large sombrero cache son visage, il n’a qu’un oeil, il surgit à l’improviste.Le personnage se complique dans l’interpretation wagnérienne: en s’approfondissant, le sentiment de la puissance se pénètre d’incertitudes,d’angoisse, de désespoir.Cette évolution du symbole de Wotan vers l’intériorité fait apparaître les contradictions internes de la puissance: aucune de ses oeuvres n’echappe à l’inexorable loi de la destruction et de la mort.Le Dieu lui même est soumis à la fatalité, comme la nature toute puissante à produire la vie et impuissante à empêcher la mort.
WALKYRIES:
Nymphes du palais de Wotan souvent rapprochées des Amazones.Messagères des dieux, guides des combats, elles conduisaient les héros à la mort et, une fois introduits au Paradis, leur versaient la bière et l’hydromel.elles excitent les combattants, par l’amour que leur charmes insufflent en leur coeur, par exemple de leur bravoure en tête des batailles, sur des coursiers rapides comme les nuages et comme les vagues possées par la tempête.Elles symbolisent à la fois l’ivresse des élans et la tendresse des récompenses, la mort et la vie, l’héroisme et le repos du guerrier.Moins sauvages et cruelles peut-etre que les Amazones, elles sont tous aussi ambigues.Elles représentent l’aventure de l’amour, conçu comme une lutte, avec ses alternances d’extase et de chute, de vie et de mort. « 

Les Vierges se mettent d’accord pour cohabiter dans leurs différentes façon d’être au service de Wotan, et choissisent leur symbole.
L’emblèmes était tiré d’une ancienne gravure représentant une Servante Valkyrie offrant une corne d’abondance aux héros de Valhalla, et leurs couleurs le rouge, signe de sang, ainsi que le blanc, pureté divine.
Les rangs de guilde, au nombre de dix, sont définis selon des rôles, et non un niveau hiérarchique.

Les trois premiers sont La Maîtresse des Portes -chef de guilde-, les Veneuses d’Einherjar -rang d’accession à un ‘but’ de carrière- et les Danseuses d’Absoutes -conseillères.
Elles constituent le Conseil de Gladsheim, dont le but est, entre autres, de régler les conflits internes et externes si les membres n’arrivent pas à s’entendre.
Ensuite viennent les chefs d’Ohtilas. Les Othilas sont des voies que peuvent suivre les Soeurs: l’Othila du Sang, l’Othila du Verbe, et l’Ohtila de la Création, dont les membres se nomment les Erilaz.
Les Cavalières Vigilantes sont les hauts gradés de la guilde qui ne font ni partie du Conseil, et ne sont non plus Chef d’Ohtila mais participent activement à la vie de la guilde.
Enfin viennent les Novices Valkyrie, « mises à l’essai en vue de l’intégration définitve et officielle », et les Soeurs Solenelles, qui sont intégrées et se préparent à choisir l’Ohtila qui deviendra le leur.

Un système de gestion du trésor de guilde est aussi mis en place, afin de gérer sous l’oeuil vigilant d’Aeli les dépenses et fonds du groupe.

Des réunions sont alors mises en place avec d’autres guildes, afin d’échanger les pionts de vue. Ainsi le Sieur Angromond, rencontré lors de la Croisée des Chemins, crée sa guilde ‘Les templiers de Mjjolnir. Altair, lui, fonde ‘Les Gardiens de Draupnir’.
« Depuis la nuit des temps, les Dieux d’Asgard et le peuple des géants se sont affrontés en de multiples batailles. Jusqu’au jour ou Dieux et géants lancèrent toutes leurs forces dans ce qui sera appelé par les Skalds le Ragna Rokkr, le crépuscule des Dieux, bataille finale qui vit les Dieux vainqueurs et les géants vaincus.
Le Ragna Rokkr dura des jours et des jours. Tous les Dieux d’Asgard étaient là, tous les géants également.
Au cours des combats, et par une sombre traîtrise, Geirroed, le roi des géants s’empara de Draupnir, l’anneau sacré d’Odin, dont le métal provient du coeur même du soleil.
A la fin de la bataille, les géants furent exilés aux confins du monde, et les Dieux se retirèrent à jamais en Asgard.
Ne pouvant pénétrer sur les terres des géants, Odin ne peut récupérer Draupnir.

C’est cette tâche que les membres de la guilde des Gardiens de Draupnir essayera par tous les moyens d’accomplir.
Nous irons défier Hjalgunnar le géant des fôrets, escaladerons les territoires de Bergelmir le géant des montagnes, traverserons les terres gelées de Hrun le maître des banquises.
Une fois arrivés à la forterresse de Geirroed nous récupérerons l’anneau Draupnir pour le remettre à Odin, pour la plus grande gloire de Midgard. « 

Un nouvel ami, Faille, vient se joindre auprès des Valkyries, avec sa guilde des Fils du Vent.
 » Les peuples des territoires du royaume de Midgard sont nommés les Nordiques. Moins civilisés que les habitants des autres Royaumes, les peuples Nordiques sont sans égal quand vient le temps du combat. Traditionnellement, les différentes races de Midgard ne sont pas alliées.
Mais en ces temps de conquêtes et de danger, ils ont mis leurs différents de coté pour combattre leurs ennemis communs.
Que cela se sache, tous les peuples de Midgard sont désormais unis afin de reconquérir leur grandeur d’antan.
La guilde des Fils du Vent est née dans ce contexte trouble de l’histoire de Midgard et garde les marques de cette période profondément ancrées dans ses chairs. »

L’Histoire donc s’écrit, a gré des actions et des convictions des héros de ces terres sacrées, sans que rien ni personne ne puisse présager de ce qu’il adviendrait par la suite.

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