V.1 L’infante

Chapitre 5

L’infante

« Bonjour à vous nobles Vierges de Wotan! »

La grande jeune femme dépose sa lourde claymore à l’entrée de la taverne et s’avance. Elle ne porte ni cape ni heaume, et son visage bronzé semble bien plus assuré que la dernière fois qu’elle était passée voir les Soeurs de sa mère.

« Tout d’abord je tiens à m’excuser auprès de vous, car je ne me suis entretenue qu’avec Brynhild au sujet de l’impossibilité pour moi de rejoindre vos rangs. J’en suis triste, mais certains évènements font que cela est totalement impossible.
Cependant, une jeune fille prêtresse de Eir souhaite embrasser votre voie. Elle se nomme Scilla et me dit avoir déjà rencontré Vynnea. Pour ma part, je la connais bien, puisque c’est la fille de ma chère cousine Millie. Elle n’a de cesse de répéter la grandeur des Vierges de Wotan, dont son enfance a été bercée.
Je me permet donc ici de venir vous présenter sa requête, car elle est encore un peu jeune pour se présenter elle même. Mais je l’ai enjoint à vous contacter directement par la suite, dès qu’elle aura avertit ses parents de sa décision »

Son regard fait le tour de la pièce.

« Dame Psylvien a disparu, c’est donc vrai… »

Elle s’approche de Neraia et pose la main sur son bras, baissant un peu la voix.

« Dame Neraia, mère est gravement malade, je ne sais si elle vous en a parlé. Je pense qu’elle aimerait croiser Psylvien si vous la revoyez. Je crains que sa disparition n’aie aggravé sa douleur, car elle ne cesse de me parler d’elle. Mais sa maladie a d’autres causes bien plus profondes, elle est très fragile et malgré toute mon attention, je ne sais pas toujours que faire pour la soulager. Faites attention à elle, je vous en prie. »

La Skald se retourne, tentant de cacher une émotion contenue, et se dirige vers la porte.

« A bientôt Mesdames, qu’Odin veille sur vos pas! »

Reprend son arme et disparait dans la brume.

La Vitkty des Vierges de Wotan ne fît bientôt presque plus aucune sortie, cloîtrée dans sa chambre, la plupart du temps à dormir. Certains guérisseurs se penchèrent sur son état, sans vraiment trouver auutre chose qu’une immense fatigue.

Lili de son côté poursuit son chemin et décide de rentrer dans la guilde de sa cousine, Les Spectres, s’exposant sans le savoir, une fois de plus.

« C’était il y a bien longtemps, un temps où les dieux, les géant, les êtres magiques et les hommes s’entretuaient pour le pouvoir, pour la domination des neufs mondes. En cette période Loki, dieu Ases, trahissait en secret ses semblables s’accouplant avec une géante, Angerboda. Cette union donna naissance aux pires craintes des mondes, Hel, Fenris le Loup, et Jormungand le serpent si grand qu’il pouvait entourer la terre en se mordant la queue. Mais Odin avait offert son œil a Yggdrasil, et cette déloyauté ne pouvait échapper à son regard. Alors il punit Loki lors du banquet d’Aegir l’enchaînant à d’immenses rochers pour le restant de sa vie. Mais le dieu de la malfaisance ne l’entendait pas ainsi, il confia à Hel une grande tache : élever une armée pour qu’il puisse se venger des Ases, cette armée se nommait « Les Spectres ».

Odin pensait alors avoir sauvegardé la paix dans Asgard, mais un jour les völvas, des voyantes au service des Nornes virent annoncer une terrible prophétie au père des dieux : Le ragnröck, l’apocalypse, la fin des Ases. Sur les terres du Vigrid, Fenrir tuera Odin, Jormungand noiera Thor dans un flot de venin et l’armée de Hel terrassera humains, einherjars et divinités. Mais vaincre les Ases ne sera pas si facile, ils capturèrent Fernrir, banirent Hel dans le royaume des morts et envoyèrent Jormungand dans les profondeur de l’océan. Pour se préparer au combat final, Odin envoya régulièrement ses vierges, les Valkyries, en Midgard afin d’en ramener les héros mort au combat, les einherjars. Il les invita au Valhalla afin qu’ils s’entraînent pour fonder une armée. Mais Hel faisait de même au royaume de morts comme lui avait dicté son père. Les trois fils du malheur envoyèrent alors leur esprit sur terre sous la forme de trois avatars.

Midgard vit alors la naissance de Fenryll esprit de Fenris, Ayalla esprit de Jormungand, et Ragnuff, esprit de Hel, avec pour mission de fonder et ériger l’armée des « Spectres ». Ce maléfique cadeau fut offert à un pauvre couple stérile, Erasmus et Erga Swordwraith qui élevèrent pourtant ces enfants avec l’amour que donnent des parents à leurs enfants. Pour les Ases, ces enfants ne de devait pas rester réunis.

Alors que les porteurs du Ragnaröck n’était qu’enfant, Thor fit un jour irruption dans la demeure des Swordwraith, abandonnée quelques heures par les hommes de la famille. Le porteur du Mjollnir, ôta la vie d’Erga d’un simple geste et enleva la pauvre Ayalla complètement désemparée. L’avatar de Jormungand fut alors abandonnée dans les dangereuses montagne du Jamtland.

Fenryll était lui un enfant sauvage qui n’a jamais su accepter l’autorité paternelle, lors d’une de leur violentes disputes alors qu’il était adolescent, l’avatar du loup se jeta sur son père et le mordit à la jugulaire jusqu’à ce que mort s’en suive. Il fut alors chassé par son propre frère qui lui ne manifestait encore aucuns symptômes de sa funeste destinée.

Paradoxalement, Ragnuff semblait être un enfant tout a fait normal, mis a part que depuis la mort de son père, il était hanté par ses rêves, des cauchemars ou des hommes et des femmes de Midgard périssaient sous son joug. »

* * *

Tenue d’une main de fer par Millie et son époux Ragnuff, la guilde des Spectres accueillait toutes sortes de guerriers, troupes organisées et farouches. Isliadel y reconstruisit sa vie avec le sourire, heureuse d’être aux côté de sa chère cousine.

« Le corps endormi d’Isliadel gît sur le sol, sans autre précaution que d’avoir mis sa besace en oreiller sous sa tête et calé sa claymore à portée. Le vent qui souffle sur la plaine et les animaux sauvages passant à proximité ne dérangent en rien son paisible sommeil, seulement parfois agité de soubresauts.
Tandis qu’elle porte sa main à son visage pour en chasser un petit insecte, un grondement sourd traverse la terre, la lune en une fraction de seconde est voilée d’une chape grise et opaque. Une indéfinissable odeur de rance apparaît, quelques oiseaux de nuit prennent leur envol pour fuir et les végétaux mêmes, autour de l’assoupie, semblent vouloir courber leur frêle tige en signe de peur. Des lambeaux de brume noire sortent du sol en rampant telle des ronces, s’élèvent vers le ciel, et se recourbent au dessus du corps de la jeune femme, dont la calme respiration, devenue glaciale, se perd en volutes de givre.
Pendant un instant, les lambeaux semblent venir tâter les contours de son armure, puis de son visage, avant qu’un grondement plus fort que le précédent ne s’élève.
Des mains décharnées, suivies de bras, puis d’un corps aux contours mal définis sortent lentement du sol. Formée de brume noire et épaisse, l’entité pendant un moment cherche la forme qu’elle va prendre, puis un rictus géant vient affiner le portrait.
Une voix s’élève.
« Jeune femme au coeur brisé,
tu as cru trouver le salut en t’engageant dans une cause.
Tu as cru que tes souffrances seraient effacées en oubliant ton passé.
Tu as cru qu’en t’estimant victime, ton innocence te serait pardonnée. »
L’ombre rit et se frotte les mains.
« Mais c’est de ton âme que tu vas payer, car comme tout les Spectres de mon armée, je vais te la retirer! »
La face déformée se penche sur celui de Lili, venant humer dans son cou
« Quelle douce odeur d’innocence, je sens que ton âme va être … délicieuse »,
et prononçant ce dernier mot au creux de son oreille, agite frénétiquement ses longs doigts.
« Hinhinhin … tu ne sentira rien belle enfant, ou presque … « 
Les appendices crochus de ses mains plongent dans son poitrail avec un crissement macabre.
Longuement, l’ombre fouille avec un plaisir non dissimulé, penché comme au dessus d’un inestimable trésor, puis soudain s’arrête, semblant avoir trouvé quelque chose.
« Enfin! Tu as dû passer de bien tristes moments pour que ton âme soit à ce point enfouie ».
Les doigts ressortent lentement des chairs et exhibent une forme translucide et immatérielle. Le visage grimaçant change en un instant d’expression, et la voix tonitruante s’exclame:
« Qu’est-ce que c’est que ça? ».
De ses yeux révulsés, l’entité contemple la trouvaille.
La voix à nouveau s’élève, encore plus forte.
« Mais qu’est-ce que ce sortilège? »
Elle se redresse pour renifler le bout de ses doigts maculés, puis lèche la forme extraite en grognant.
« Aaaaaargl! Un simulacre! Tu n’as pas d’âme, Isliadel WyrdStorm, tu n’es même pas vivante! ».
L’avatar soudain se dilate, entraînant avec lui un vent violent.
« Si tu n’as rien à me donner, c’est ton corps que je prendrais! ».
A ce moment exact, le corps de Lili réagit. S’arc-boutant dans un sursaut, tous ses muscles se tendent à l’extrême, et sur son front apparaît un symbole.
« Wyrd, la rune du destin …  » marmonne l’entité.
« Ainsi, c’est quelqu’un d’autre qui possède ton âme … « .
Son poing se referme au dessus du visage toujours impassible.
« Parfait. Je retrouverais ton âme. Quoi qu’il en soit, tu m’appartiens déjà! ».

* * *

« Après quelques heures de someil, Cypheer se reveille, le dos un peu bloqué dû à la dureté du sol où il a passé la nuit. Il passa un peu d’eau sur son visage puis decida de passer a la Taverne pour dire bonjour.
En entrant, Cypheer ne vît pas grand monde, deux jeunes fermiers assoupis a une table, un vieille homme non loin d’eux, et Isliadel.

Cypheer ne connaissait pas trop Isliadel, il l’avait rencontré ici meme, dans cette taverne; Il savait que la cousine de Millie etait une combattante vu l’imposante épée a ses pieds.
Bien que cela ne faisait que quelques jours qu’ils ne s’etaient rencontré, ils commençaient a se connaitre de plus en plus et le contact etait facile.

Ne voyant personne d’autre de connu dans la Taverne, Cypheer decida d’aller faire la causette a Isliadel. Lorsqu’il s’assit à sa table après lui avoir dit bonjour, Cypheer remarqua qu’elle n’était pas dans un etat « normal ». Elle ne semblait pas bien, des traits sombres sur son visage le confirmer.

Isliadel, vous ne me parraissez pas en grande forme aujourd’hui, quelques choses ne va pas, ou vous avez seulement passez une mauvaise nuit ? »

« Oh, Cypheer, bonjour! »

Elle secoue la tête et lui sourit de bon coeur.

« Non non tout va très bien, j’ai vraiment mal dormi. Je pensais à ma mère, Islidnna. Elle est très malade et a reçu la nouvelle de la disparition d’une de ses Soeurs hier. Je crains que son état n’empire, mais malheureusement, je ne peux rien pour elle. Je l’ai sentie en mon coeur pleurer toute la nuit, nous sommes très proches. Voilà pourquoi j’étais pensive ami. »

Avalant une gorgée de boisson aux herbes pour faire passer son émotion, elle le regarde.

« Je suis contente d’être parmis vous, vous avez l’air d’être un clan uni et respectueux des traditions, et c’est exactement ce qu’il me faut. Bien que votre nom soit un peu funeste. » Elle rit. « Et puis je suis si heureuse de pouvoir enfin être aux côtés de ma chère cousine! Vous l’aimez tous beaucoup, et elle le mérite, cela me réconforte de savoir que j’ai rejoint la guilde qui l’entoure avec autant d’amour ».

« Oh, mais je parle, je parle » Ses yeux brillent et elle sourit. « Ne veux-tu pas que je te commande une boisson aux herbes? J’ai ramené quelques saveurs exotiques des stocks de la boutique de maman, je serais ravie de t’en faire goûter. »

Le temps passe, et tandis que Lili reprend goût à la vie, sa mère s’affaiblit de plus en plus.

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