V.3 Une âme

Chapitre 5

Une âme

Islidnna contacte mentalement ses Soeurs.
Islidnna : « Neraia… Psylvien.. que se passe-t-il… »
Islidnna :  » Psylviann… c’est toi…. j’ai confondu ta voix… »
Psylviann : « Ce n’est … rien…. »
Psylviann : « Mais… que t’arrive t il ? »
Gwenwyvhar n’ose dire un mot.
Islidnna : « Où est ma fille? où est Lili? Ai-je dormi si longtemps? « 
Psylviann : « Et bien Isli… mmm… nous ne savons pas trop « 
Islidnna : « Elle ne doit pas être loin pourtant, mais je n’arrive pas à la localiser « 
Psylviann : « Je… ne sais que dire Isli… »
Gwenwyvhar : « Soeur Islidnna ? »
Islidnna : « Oh bonjour Gwen… une nouvelle… cela fait plaisir… tu as vu ma fille? »
Gwenwyvhar : « Euh…oui »
Islidnna : « Ah bon! Mais se cache-t-elle? Je ne l’entend pas près de moi… Et cette nuit noire… »
Gwenwyvhar : « Je ne l’ai vue que hier »
Islidnna :  » Ah mais je me demande pourquoi je n’arrive pas à la localiser…. elle va certainement revenir demain matin »
Gwenwyvhar : « Elle etait souriante »
Gwenwyvhar : « Elle m’a annoncée votre retour, heureuse « 
Psylviann : « Hmmm… Isli, vois tu la lune par la fenêtre de ta chambre ? »
Islidnna : « La fenêtre? mais tout est fermé dans cette pièce Psylviann… »
Psylviann : « Comment ça ?! Tu n’es pas chez nous ?! »
Islidnna : « Je n’y vois rien du tout, d’ailleurs il faut que j’ouvre… »
Islidnna : « Mais si voyons! je suis à… à… à Mularn, voilà! »
L’esprit de Neraia quitte subitement la fraicheur glacee du Nord, pour se retrouver dans la moiteur de la forêt de Myrk.
Psylviann : « Mais enfin, notre demeure est a Huginfell Isli.. tu es sure que ça va ? »
Islidnna : « Ca irait mieux si je trouvais la fenêtre pour ouvrir les volets…. »
Islidnna : « Non non je suis à Mularn, Lili a du m’y déposer… j’en suis sure, ma rune est formelle… »
Psylviann : « J’arrive, je suis à Jordheim… »
Gwenwyvhar : « J’ai croisée Lili à Jordheim hier »
Islidnna : « Oui oui elle ne doit pas être loin » La Runemaster s’énerve, cherchant la fenêtre le long de la charpente en tâtonnant.
Psylviann : « Je fouille Mularn à la recherche d’Isli mes Soeurs… »
Neraia : « Je te rejoins de suite Psyl »
Gwenwyvhar : « Oui »
Psylviann : « Je…. je pense l’avoir trouvée…. »
Islidnna : « Et Millie qui ne me répond pas… »

Psylviann rentre dans la maison où se trouve Islidnna, la regarde faire le tour de la pièce. Elle est suivie par Neraia.

Psylviann : « Isli ? »
Islidnna : « Oui Psylviann? »
Psylviann : « Mais enfin que fais-tu? »
Islidnna : « Mais… je cherche la fenêtre! »
Psylviann : « Nous sommes derrière toi, il n’y a pas de fenêtre et surtout… il fait jour … »
Islidnna dit, « Qui est là? »
Neraia: « Isli c’est moi, Ner »
Islidnna dit, « Je sais que quelqu’un est là? Lili? »
Islidnna dit, « Neraia? »
Psylviann : « Isli ….. arrives-tu à nous voir ? »
Neraia: « oui Isli, c’est moi »
Islidnna dit, « Mais où étais-tu cachée… »
Neraia: « Je viens d’arriver… »
Psylviann fait un signe à Islidnna.
Psylviann : « Isli ? »
Islidnna : « Mais… »
Islidnna dit, « Je… »
Neraia: « Isli, je crois que tu as un problème… »
Islidnna dit, « Neraia.. tu n’est pas seule? je sens quelqu’un d’autre… bon sang ouvrez la fenêtre…. »
Neraia: « Je .. . je crois que tu es aveugle « 
Islidnna dit, « Mais non voyons… ouvre les volets »
Neraia: « Psylviann est ici avec moi… « 
Psylviann : « Isli, tu mevois ? »
Islidnna : « Non… je sens que tu es près de moi pourtant… »
Psylviann : « Mais oui ! je suis devant toi !!! »

Aeli à son tour arrive.
Aeli : « Ohhhhh islidnna »
Aeli : « Ca va ? »
Neraia: « Là je t’ai pris les mains Isli »
Islidnna : « Quel plaisir de t’entendre Aeli! »
Psylviann : « C’est ma main là, me vois-tu ? »
Islidnna : « Non…. je ne vois rien…. et Lili… où est Lili? »
Psylviann se dit que ce qu’elle redoutait est bien arrivé: « Isli… euh… je crois que… tu … es… devenue… aveugle… »
Islidnna :  » Mais non ce n’est pas possible… »
Psylviann : « Je viens d’allumer une torche, je suppose que tu sens sa chaleur… »
Islidnna : « Suis-je bien à Mularn? »
Psylviann : « Oui, tu es à Mularn.. »
Islidnna dit, « Neraia.. Psyl…. »
Neraia: « Oh Isli… » Elle la serre dans ses bras.
Islidnna : « Oui je sens la chaleur de la torche… mais je n’en vois pas la lumière »
Neraia : « Ce n’est peut être que passager… Tu te remettras surement… Mais il faut se rendre a l’évidence.. actuellement tu es aveugle »
Psylviann : « Oui, c’est maintenant certain »
Islidnna : « Lili sait peut-être pourquoi? C’est elle qui m’a guérie je pense… »
Psylviann : « Gwen ? »
Gwenwyvhar : « Isli ….. elle m’a demandée de veiller sur vous »
Islidnna : « Ah oui? je la reconnait bien là… elle savait certainement que je risquait de me réveiller quand elle ne serait pas là »
Gwenwyvhar : « Elle m’a dit être celle qui doit prendre sa suite »
Islidnna : « Sa suite? »
Gwenwyvhar : « Veiller sur vous en ce monde »
Islidnna : « Comment cela? Veut-elle m’abandonner? »

Un silence gêné s’est installé entre les Soeurs.
Gwenwyvhar :  » Elle est en vous maintenant »
Islidnna : « Oh non tu as du mal comprendre…. « 
Neraia : « Je crois qu’elle vous a sauvée Isli »
Psylviann : « Mais enfin … c’est … »
Neraia : « Elle a du se sacrifier pour vous…. »
Gwenwyvhar : « Elle ne souffrait pas, elle était heureuse de ce geste »
Islidnna : « Sauvée? oui… elle a du chercher un remède.. peut-être a-t-elle été fatiguée de veiller sur moi la pauvre enfant »
Psylviann : « … Isli… »
Neraia : « Notre jeune soeur Cadira m’a longuement parlé du problème… Elle a eu un long entretien avec Lili… »
Islidnna : « Oui tout se temps ou elle m’a veillée, elle s’est sacrifié c’est sûr, mais maintenant elle pourra reprendre sa vie… »
Neraia : « Viens isli prend ma main, je vais te conduire à un siège »
Neraia : « Voila assieds toi »
Islidnna : « Ah merci Neraia.. peut-être qu’elle m’en veut? »
Gwenwyvhar : « Le sac, le sac pour Isli . »
Islidnna : « Elle doit être fatiguée de s’être occupée de moi si longtemps… »
Neraia : « Non Isli, Lili n’a jamais été fachée avec toi pour ca… « 
Psylviann :  » Maman m’a donné ça Neraia, en me disant de le remettre à Isliadel si je la voyais… mais… je ne sais pas ce que c’est »
Islidnna : « Ma pauvre et douce enfant… comme elle a dû souffrir de me voir si longtemps malade »
Islidnna :  » Qu’est-ce? »
Psylviann : « Je ne sais pas mais cela fait quelques jours que maman l’avait en sa possession »

Psylviann : « Sais-tu ce que c’est Neraia ? »
Neraia : « Alors, il y a quelques composants magiques, des carcasses d’insectes, des pierres et autres petits objets »
Neraia : « Je ne connais pas leur utilité par contre « 
Psylviann : « Rien n’est écrit ? »
Islidnna : « Et bien… « 
Islidnna : « Ce sont des composants pour rituel on dirait… Je ne sais pas à quoi cela pouvait servir, mais Lili s’en servait peut-être pour essayer de me guérir? »
Psylviann : « Je ne sais pas hélas »
Islidnna : « Elle nous dira cela quand elle sera là! »
Islidnna : « Je me demande comment elle fait pour que je ne puisse même pas la localiser… »

Psylviann : « Euh… »
Psylviann : « Elle est peut etre hors de portée de tes runes… « 
Islidnna : « Je crois qu’elle s’est penchée sur les Runes pendant mon absence oui.. Elle a dû faire des progrès… »
Islidnna : « J’ai hâte de la v…. de la toucher… de la serrer contre moi »
Neraia : « Eh bien… comment dire… Cadira m’a raconté l’origine de Lili, comment elle est venue au monde…. »
Islidnna : « Ah oui? Lili lui aurait tout raconté? »
Gwenwyvhar : « Isli, je……je….elle ne m’a pas dit où elle était……mais…….je …je pense qu’elle est…en toi »
Neraia : « Et cela a une grande importance dans cette histoire…. »
Psylviann : « Nous t’écoutons Ner »
Neraia : « Oui Isli, Lili lui a tout raconté, car elle avait besoin d’une personne à qui parler »
Islidnna : « Oui… oui bien sûr je comprend »
Neraia : « Je crois qu’Isli est mieux placée pour le raconter.. si elle veut bien? »
Islidnna : « Je n’en ai jamais parlé moi même »
Islidnna : « Et bien… comment vous dire… il faut pourtant un jour que je vous l’avoue mes Soeurs… »
Psylviann : « Te sens tu assez forte pour en parler Isli ? »
Neraia : « Nous t’aimerons toujours tu sais, quoi qu’il se soit passé »
Islidnna : « si Lili en a parlé, c’est peut-être qu’elle pensait que vous deviez le savoir…. »

Islidnna : « Voilà… « 
Islidnna : « Lorsque Rorkal mon aimé est mort, j’ai sombré dans une triste période…. »
Islidnna : « C’était il y a bien longtemps déjà »
Islidnna : « Je me suis isolée… j’aurais tellement voulu garder une trace de notre amour »
Islidnna : « J’ai appris de nouveau rituels, puis j’ai découvert le secret de l’appel et de la création des êtres… »
Psylviann a un sursaut.
Islidnna : « J’ai alors provoqué moi-même mon enfantement, à la mémoire de mon aimé disparu »

Islidnna : « Lili est une enfant née de magie pure, sans père, mais avec une maman doublement aimante bien sûr « 
Islidnna : « J’ai dû cacher cette grossesse, je l’ai confiée à Boubou, qui l’a adoptée »
Islidnna : « Puis un jour il a fallu que je vous avoue, mes Soeurs, que j’avais une fille, et vous l’avez appris »

Psylviann : « Ton voyage au sanctuaire… c’était cette période je suppose… »
Islidnna : « Oui Psylviann… »
Psylviann : « J’étais plus jeune mais je m’en souviens »
Islidnna : « Lili étant jeune était très sensible à la magie, qu’elle supportait mal, j’ai du l’en guérir »
Islidnna : « Elle ne supportait ni les soins, ni les sorts et encore moins les téléporteurs magiques… »
Islidnna : « Je suis partie avec elle la guérir de ce mal, et lui apprendre le secret de sa naissance »
Islidnna : « Mais j’ai du me rendre à l’évidence: Lili était part de moi-même et je supportais de moins en moins bien toute l’énergie dont elle avait besoin pour vivre »

Islidnna : « J’ai donc décidé de sacrifier de mon temps pour dormir et la laisser vivre tranquillement sa vie… »
Psylviann : « … Ceci explique bien des choses… »

Neraia : « Oui… Isli s’est sacrifiée.. a sacrifié son temps pour que Lili puisse s’epanouir »
Islidnna : « Il y avait pourtant une condition à tout cela, une promesse que j’avais faite lors de la ‘création’ de Lili: qu’elle ne rentre jamais chez les Vierges de Wotan »

Islidnna : « Boubou savait cela »
Islidnna : « Mais un jour, Lili en a fait la demande, à mon insu »
Neraia : « Lili n’en savais rien… »
Islidnna : « oui Ner’, c’est vrai je le sais… »
Islidnna : « Ce jour où elle a fait la demande, nous avons toutes deux été emportées dans une sorte de vortex magique…. Et nous avons du commencer à payer le prix de cet acte… »

Islidnna : « Lorsque nous sommes revenues, nous partagions une seule vie dans deux corps différents: nos souvenirs se sont mélangés, nous vivions les mêmes émotions, et devions dormir quand l’autre veillait… »
Islidnna : « C’est ainsi que Lili a appris l’art des Runes »
Neraia : « Mais il y a une chose que je ne comprends pas… qui? quoi? a mis cette interdiction? »

Islidnna : « Et bien je ne sais pas exactement ma Soeur… lors de mes transes, plusieurs entités se sont adressées à moi… une des plus puissantes m’a confiée que cela devait être la condition de tout… mais je ne sais pas qui étaient ces entités »
Islidnna : « Peut-être est-ce dû au destin des Vierges… je n’en sait vraiment rien, j’ai juste obéit… »
Islidnna : « Et puis, à la mort de Psylvien… je me suis endormie de chagrin… je ne sais pas pourquoi je ne me suis jamais réveillée »

* * *

Hantée chaque jour par le sacrifice de sa mère qui, assumant son geste de l’avoir enfantée, avait choisi de s’endormir de plus en plus souvent pour lui permettre de vivre, Isliadel culpabilisa pendant de longues lunes. Puis elle eu un geste terrible, qui explique sa disparition. Un soir, elle appela un ami, Arcalhed, prêtre de Hel. Alors qu’il la rejoint, sur une île retirée de tout, elle envoie un message laconique à Gwen, Soeur de Wotan.
L’homme arrive. C’est un viking aux cheveux gris, fort charmant malgré son oeuil borgne. Il lui sourit, cherchant à s’enquérir de ce pour quoi elle l’a convoqué. D’un doigt posé sur ses lèvres, elle l’invite au silence, déboutonne lentement sa veste. Il se tait.
Sa main blanche plonge dans un sac, et les yeux brillants, n’osant le regarder en face, prononce,
-« Rappelle mon âme en son corps quand j’aurais fini ».
Puis d’un geste vif pour éviter qu’il ne s’interpose, elle saisit un poignard. L’enfonce dans sa blanche poitrine, jetant un dernier regard sur celui à qui elle remet son histoire, puis s’écroule sans un bruit.
Une mare de sang se forme sous elle, tachant l’herbe alentour.
L’homme, estomaqué, se relève à la hâte et se met à incanter. D’une voix puissante, il appelle l’âme d’Isliadel, la touche de son esprit. Perdue dans les limbes, l’infante refuse, se tord de douleur. Il incante à nouveau, augmentant la force qu’il peut déployer. Soudain, il sent l’âme de son amie lui échapper, prenant un chemin qu’il n’a pas décidé. C’est alors qu’Islidnna recommence à respirer.

Eperdu de tristesse, ne comprennant pas ce qu’il vient de se passer, il porte le corps inanimé aux confins des terres. Dans un pays de feu nommé Muspelheim, la dépose en une cache connue de lui seul, cercueil de pierre. Il la regarde et pleure un long moment, puis se résoud à partir.
Isliadel n’a plus de corps tangible, mais elle peut voir ce qu’il se passe autour d’elle, captive éveillée. Sa voix erre dans les terres de feu, et ses yeux lui montrent encore la vie, présente non loin. Arcalhed quand à lui, troublé, n’osera jamais parler de cette histoire à quiconque, et Isliadel n’admettra pas la disparition de sa fille bien-aimée.

Seule sa cousine Millie la cherche, pressentant quelque chose.

« Trop lasse par les combats livrés contre l’ennemi pour aller trouver refuge, comme chaque nuit, en Gotar, la jeune femme préfera passer la nuit à Haggerfel, le petit village des nains, village si accueillant et où l’auberge « A la vie, à la biere » est si chaleureuse. Elle n’y était pas retournée depuis…
En arrivant au village, Millie ne put s’empecher de jeter un oeil à la forge, le coeur serré, mais détourna rapidement le regard, et pressa le pas. Arrivée à l’auberge, elle s’endormit de suite …

Une fumée âcre m’entourait, des effluves de mort m’oppressaient. Au loin, des flammes semblaient lécher les cieux rougis. Nuit ou jour, on n’aurait su le dire. Tout semblait si chaotique, il faisait si chaud, et pourtant j’avais si froid … quand j’entendis au loin, une voix, une voix si familière que je n’avais plus entendue depuis si longtemps … celle d’Isliadel, ma tendre cousine, disparue mystérieusement il y a presque un an de cela, laissant tous les siens sans nouvelles.
Mon coeur battit la chamade : était ce possible ? Sans nouvelles depuis si longtemps … j’essayai de me diriger au son de la voix qui répétait sans cesse, tel un echo sourd :

« Aide moi … aide moi… »

Nous étions telles deux soeurs, elle si douce et si espiègle, si innocente … Lili a tant fait pour moi…
Le chemin semblait infranchissable, l’atmosphère était si étouffante, comme si les puissances régnant ici, empechaient toute intrusion dans leur domaine, mais il fallait, quoiqu’il en coûte, que je la retrouve … lorsqu’au detour du chemin, je la vis, je me figeai un instant … elle semblait flotter, ses traits étaient tirés. Je me precipitai vers elle :

« Lili ! Tu es là, ma chérie »

J’allais l’atteindre, lorsqu’une orbe de feu enveloppa le corps d’Isliadel, j’ôtais ma main des flammes, poussant un cri de douleur :

« Lili !!…. »

Millie se réveilla en sursaut, criant le surnom de sa cousine dans le silence de la nuit, haletante, tremblante des événements. Elle laissa échapper quelques mots, mêlant tristesse et angoisse, essayant de calmer sa respiration :
« Ce n’était qu’un reve … mais Lili … Lili où es tu ?… »

Elle laissa couler ses larmes, encore étourdie par cette vision … lorsqu’elle sentit sa douleur … avec stupeur, regarda son avant-bras, rougi de brûlures … Son sang se glaça … C’était plus qu’un rêve … Isliadel est vivante et en danger, Millie en était désormais persuadée et se jura alors de la retrouver. Elle reunit ses affaires, et partit de Hagerfell, encore endormi, sous le clair de lune … le voyage sera long … il fallait prévenir les amis de Lili et leur raconter ce qu’elle avait vu… enfin …vécu… »

Millie se rend à Muspelheim, guidée par sa vision.
Elle appelle sa cousine, ayant parfois en retour un souffle de réponse. Elle en est sûre, Lili erre en ces lieux.
-« Millie, je suis là »
Persévérante, elle y vient encore et encore, suppliant Lili de lui dévoiler l’endroit où repose son corps. Comme sur une stèle mortuaire, Millie prend l’habitude de venir lui raconter le quotidien de Midgard, persuadée de réussir un jour à lui faire avouer sa cache. Mais la skald ne répond que quelques mots vagues, pleurant parfois dans les râles de la brise. Un jour pourtant, sa cousine apporte une nouvelle qu’elle espère être celle qui la décidera.

-« Lili? »
Le vent se lève, et la guérisseuse y reconnait la présence de la skald.
-« Mill…ie… »
-« Lili, il faut que tu saches quelque chose. Magnusson est revenu. Il a été gravement blessé et, tombé évanoui pendant de nombreuses lunes, c’est Pigmelio qui l’a sauvé après l’avoir veillé tout ce temps. »
Le vent tourbillonne et soudain le ciel s’assombrit.
La guérisseuse essaie de ne pas montrer son trouble et continue.
-« Tu sais, c’est ce jeune chasseur qu’il a recueilli et élevé comme son fils… Il n’avait souhaité rien dire, pour ne pas porter d’espoirs sur sa guérison. »
Un grondement de tonnerre retentit.
-« Lili… il te cherche. Nous aimerions tous savoir où tu es ». Millie a les larmes aux yeux.

Les cieux se déchirent dans un bruit terrifiant.
-« Lili ». Les larmes des deux femmes se mêlent à la pluie cinglante qui s’est mise à tomber.
-« Lili je reviendrais, mais pense à cela… »

Durant ce temps, elle a cherché avec Islidnna un rituel assez puissant pour sortir Lili de sa prison. Mais il n’était pas possible que l’enchantement marche tant que la prisonnière ne souhaiterait pas revenir parmis les vivants.
Courant sous la pluie battante, la disciple d’Eir se précipite chez sa grand-tante, ouvre sans ambages la porte de la chambre.
-« Ma tante…. » elle est haletante. « Lili… Lili est prête, j’en suis sûre ».
la Runemaster lève ses yeux vides, la fixant sans la voir.
-« Comment peux-tu en être sûre? Cela fait longtemps que nous savons qu’lle ne souhaite plus sortir… »

Millie raconte la scène, et l’émoi provoqué par l’annonce du retour de Magnusson.
-« Oui, alors certainement elle ne refusera pas une fois encore ».
Toute la nuit durant, les deux femmes préparent le rituel et psalmodient. Aux premières heures du jours, levant les bras vers l’astre naissant, elles implorent les Dieux d’accorder une seconde chance à Lili.
Le corps endormi d’Isliadel s’arc-boute et n souffle de vie vient remplir ses poumons.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s