Chapitre I

I.1 Prélude

Prélude.

Après avoir passé plusieurs jours à marcher, une jeune femme arrive au fond d’un col montagneux, enneigé par la douce journée de printemps. Elle fredonne doucement, regardant l’horizon.

Bien plus loin, au coeur du large pays de Midgard, dans un village marchand, une Vikty des Vierges de Wotan s’assied derrière un étal après avoir soigneusement disposé ses objets. Un homme au visage doux et sans âge pose la main sur son épaule.
« Une belle journée qui s’annonce, Dame. Il y a déjà quelques chalands qui arrivent. »
« Oui je peux les entendre Gedri, ils viendront ».

* * *

Revenons quelques temps en arrière…
Islidnna arrive à Jordheim après avoir fini son enseignement de Myste. Très tôt orpheline, elle a été élevée dans la communauté de son peuple, près d’une ville d’artisans Nains. Encapuchonnée, elle avance pour l’instant dans la foule, les paumes tournées vers le ciel, les doigts tendus.
Sans regarder les passants qui la frôlent, la jeune femme se dirige dans les rues, traversant le marché jusqu’à une chapelle.
Elle lève les yeux et inspecte les environs, semblant chercher quelque chose, se baisse pour mettre à terre un galet dessiné d’un symbole. Puis d’un geste ample elle dépose par dessus une sorte de poudre. Ses doigts bougent et dessinent un signe dans les airs. Devant l’objet, un vent se soulève doucement et disperse la poudre.
Islidnna attrape rapidement la pierre et se relève, dirigeant son pas ferme vers le côté de la bâtisse. Cherchant un instant, son oeil s’éclaire alors qu’au coin elle discerne des bribes de conversation. Ce sont deux jeunes femmes qui, appuyées contre le mur, discutent tout sourire.
Lorsque la Naine apparait, l’une des deux se met prestement d’applomb, le visage aux aguets. L’autre, une superbe rousse, regarde la nouvelle venue en lissant ses cheveux tressés.
-« Je suis Islidnna, Dames. On m’a guidée vers vous et je me remet à votre bienveillance. »

« Qui t’as dit où nous étions? »
Une main à sa garde, l’imposante guerrière parle d’une voix forte.
« Et bien… ».
Troulée, la jeune Myste quand à elle bégaie en pâlissant.
-« Nous ne recrutons que des braves, il ne suffit pas d’être une femme! »
Devant son étonnement flagrant, la rousse se redresse à son tour et prend la parole.
-« Nous devons tout d’abord savoir qui t’as recommandée jeune fille! »
-« Ce.. ce sont les Runes qui m’ont guidée, je n’ai fait que suivre leurs signes! »

-« Hm… » La plus grande se frotte le menton d’un air dubitatif, puis reprend
-« Et que penses-tu apporter aux Vierges? »
-« Aux Vierges? » s’étonne encore la Naine
-« Hey oui quoi, aux Vierges de Wotan, notre guilde! » complète l’autre, tandis que son amie esquisse déjà un geste d’ennui.

Islidnna s’empresse de répondre.
-« Mes mains! Je suis artisanne, une très bonne couturière! ».
Les deux femmes esquissent en coeur un sourire, quelque peu condescendant.
-« Aisni que ma connaissance des Runes! ».
-« Laisse petite, ne gaspille pas ta salive, nous ne recrutons que des braves, je te l’ai déjà dit! »
-« Bryn… » La rousse tente un instant de lui dire quelque chose, mais se ravise et se tourne vers la Myste.
-« Pourtant je suis bien sûre… »
Dépitée et presque suppliante, l’enfant tend les mains ouvertes vers elle, laissant s’échapper la pierre gravé qui vient rouler aux pieds des Vierges.

Les trois femmes regardent le galet s’échapper dans un instant de silence, et lentement se stabiliser, dévoilant le signe.
-« Eolh ». Elles prononcent toutes trois le mot et se regardent mutuellement.
-« Eolh, le symbole des Valkyries. Tu avais raison, c’est sûrement nous que tu cherche petite! Quel est ce signe pour toi? ».
-« C’est la Rune qui m’a été attribuée lors de la cérémonie de sacre Dames. Il est celui qui guide mes orations et mes pas, la voie qu’Odin a choisi pour moi. »
-« C’est bien ça alors. Soit la bienvenue parmis nous ma Soeur! ».

Leurs visages se détendent et elles semblent soudain se comprendre parfaitement.
« Je me nomme Brynhild, je suis la Gardienne des Secret des Vierges de Wotan ».
« Et moi je suis Aeli. Excuse notre chef mais elle est très méfiante. Soit la bienvenue… quel est ton nom encore? »
« Islidnna! Je me nomme Islidnna, Dames ».

C’est ainsi que la jeune femme entre dans la légende des Vierges de Wotan. Aujourd’hui encore, nous ne savons pas tout sur ces guerrières mystérieuse.

On a retrouvé ce commentaire sur elles.
« Ces femmes sont courageuses, Elles ont choisi une voie difficile… Vivre sans hommes, faire voeux de chasteté et de pureté… Quelle audace si ce n’est orgueil ! Mais le chemin du Valhalla et la défense des Ases amène parfois les hommes à bien des extrêmes… »
Erika pasait par leur taverne et les messages laissés sur des parchemins parcourus lui inspiraient la complexité de la destinée des Vierges, gardiennes du royaume d’Odin.
Car ce ne sont que des écrits qui restent de leur histoire, des bribes de mémoire marquées à jamais, constituant le parcours qui les mena… vers leur destinée.

Et voici quelles étaient les paroles de la Complainte des Vierges de Wotan, qu’un jour une chanteuse Kobold confia à l’une d’entre elles, Psylvien.

« Laissez-moi vous parler d’un autre temps,
D’une guilde à Midgard il y a bien longtemps,
Des femmes, toutes sœurs dans la joie et dans le sang
Elles s’appelaient Vierges de Wotan…

Fortes et fières, elles allaient de l’avant,
Contre tous les démons, Odin les guidant,
Valkyries fidèles et servantes mais, mortelles pourtant
Triste destin, Vierges de Wotan…

Richesse et gloire n’étaient pas leurs penchants,
Honneur et dévotion bien plus gratifiants,
Malgré les épreuves et les doutes elles souhaitaient vraiment,
Etre toujours Vierges de Wotan… « 

Tragique et pourtant indispensable, leur destin se dessina entre elle au long de leurs aventures. Lorsqu’on pu retrouver les Tablettes runiques, de nombreux noms étaient cités. Nous savons alors que les fondatrice étaient au nombre de huit: Brynhild Nifflehog, Sil Sigrdifa, Slayanya BloodMessiah, Psylvien Eolh, Neraia Skeggjold, Aeli Wassili, Ivory Haggerfel, et Islidnna. La neuvième fût Melissandre, fille du protecteur des Vierges Grossbouf, la dixième et dernière leur Soeur de sang Vynnea. Elles furent accompagnées de Cila, Enae, Hingeleen, Katay, Nott, Psylvian, Symphonie, Araushnee, qui partagèrent leur vocation, et de bien d’autres qui passèrent un temps, et parfois revinrent comme Lame.

Mais commençons par le début.
Islidnna vient d’arriver à la maison des Vierges. Cette grande bâtisse rénovée est tenue avec rigueur mais semble toujours un peu agitée. Dans la grande salle, où siège une immense table pour les réunions privées, sont disposées des chaises, près de la cheminée. Ici une armure traine, là un livre ouvert. Près de la fenêtre, un atelier de cuirs semble servir régulièrement. La première à l’accueillir dans ces murs est une femme au visage mince et avenant. C’est Neraia Skeggjold, qui lui tape gentillement dans le dos.
-« Bienvenue nouvelle Soeur ».
Avant qu’Isli aie pu comprendre comment Neraia savait déjà qu’elle venait pour cela, ses affaires étaient posées sur une chaise, et, une choppe de bière prestement servie à la main, elle visite la maison. Ce n’est pas alors encore le bel intérieur que Brynhild put s’offrir par la suite, mais l’ensemble est propre et entretenu. Elle découvre en souriant le grand dortoir où elle allait passer les nuits suivantes, et reste un long moment devant l’immense bibliothèque, qu’elle aura soin de compléter à son tour par la suite. Neraia est étrangement familière, et la jeune femme en conclu que les Vierges sont une grande fratrie soudée, apaisée de trouver en ces lieux une nouvelle communauté pour l’accueillir.

Quelques temps lui furent nécessaire pour s’habituer à cette autre vie. Elle continuait son apprentissage des Runes, aidée de Psylvien, une guérisseuse elle aussi sortie depuis peu de son Temple d’Eir. De longues soirées à réviser, entre fous-rires et sérieux religieux, tissèrent tout de suite entre elles une indéfectible amitié.
Elle fît la connaissance de Sil, étrange entre toutes, courageuse devant l’éternel, certainement la plus féroce de toutes les guerrières. De Slayanya, guérisseuse, excellente artisane des métaux. D’Ivory, la chasseuse douce et ingénue, toujours prompte à partir son arc en main et son loup aux bottes. Toutes différentes, complémentaires, la nouvelle venue eu au début un peu de mal à trouver sa place. De petite nature et sujette à de fréquentes crises d’athme, il lui était très difficile de tenir la distance lors des sorties armées que ses Soeurs affectionnaient. Elle choisi de se perfectionner dans la théorie des Runes tout en s’appliquant à la couture. C’est encore avec Psylvien, grande artisane de la guilde, qu’elle passait alors le plus de temps, égayée par les passages de Sieur Grossbouf Oengus (il changea de nom par la suite…).
Ce Troll toujours enjoué, beau parleur devant l’éternel, venait souvent les divertir en racontant de ses interminables histoires, ponctuées d’anecdotes de guerre, faisant briller dans les yeux d’Islidnna les souvenirs qu’elle ne pouvait partager avec ses Soeurs.
Ainsi passsèrent les premiers temps dans la maison des Vierges, dans l’allégresse et la joie des retrouvailles.
Islidnna, passant parfois en ville pour acheter des composants de sorts et du nécessaire de couture, fît la connaissance de plusieurs personnes, dont un chaman Troll nommé Rorkal. Touchant et romantique, il ne tarda pas à convaincre son coeur de s’unir au sien.
C’est alors que le destin frappa une première fois.

Les Valkyries, dites de filles d’Odin, étaient des vierges accompagnant Odin dans la Chasse Sauvage à la quête de héros morts au combat. Leur mission était de sélectionner les Einherjars pour les emporter au Walhalla en vue du Ragnarök. Elles chevauchaient de superbes étalons nacrés qui étaient la personnification des nuages. Leur crinière mouillée répandait une rosée fertile sur la terre mais leurs ailes emmenés même leurs maîtresses sur les mers où elles appelaient les marins pour les rejoindre. Cependant cette version idyllique des Valkyries ne doit pas cacher leurs origines sanguinaires qui les présentent comme des créatures redoutables ivres de tueries et de carnages telles des amazones sauvages ou des Déesses sanguinaires ayant plaisir à s’enivrer de la vision des membres arrachés et des blessures gorgées de sang. Et ces funestes esprits démoniaques tuaient les guerriers parfois elles-mêmes pour les choyer au Walhalla ! Là, elles se présentaient comme des gracieuses vierges aux longs cheveux blonds coiffés en chignon. Elles étaient vêtues de larges et amples robes de cérémonies pour servir la viande et l’hydromel aux guerriers fatigués. Outre leur quête de guerriers, elles étaient aussi les messagers d’Odin et elles parcouraient les cieux armés de lances et e casques sur leurs chevaux ailés (ou parfois des cygnes, voir des dragons ailés), leurs armures formant parfois d’étranges lueurs, les « lueurs Nordiques », en fait, les aurores boréales.

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I.2 Légendes

Chapitre 1

Légendes

Afin de mieux cerner les interactions entre les peuples et les factions qui habitent Midgard, nous consignons ici une chronologie des premiers temps, texte reconnu et souvent cité, source de référence pour l’époque.

Chronologie de Midgard.

L’exode des Vikings, bien avant l’an 300

« Filsdancienroisenvont, çapasseplusieursjours. GranfroidévorechateauSvervig. Vagueblancheglacetneige, çabalayevieumurdepierre, çalaisseplurien ! »
– Anrid, Kobold Prêtresse de Hel

Bien des Skalds chantent les temps anciens, lorsque Midgard la grande était alors fertile et verdoyante. En ces temps ancien, même les plus hautes terres du Nord connaissaient des étés sans neige, et de grands et justes seigneurs veillaient sur leurs clans. Puis vint l’Uferlong. Comme par une mauvaise et terrible malédiction les neiges empoisonnées de Nifleheim avaient franchi les sourcils d’Ymir, un froid mordant et mortel descendit sur ces riches contrées. Nombreux furent ceux alors contraints à l’exil, voyageant vers les terres plus chaudes du Sud, et priant les dieux que les montagnes puissent contenir la fureur de l’hiver. Bien des clans furent disloqués par la colère des éléments et la famine, bien des braves périrent de morts sans gloire dans le froid et le dénuement, bien des légendes et savoirs furent abandonnés dans des ruines écrasées par la glace et la neige.

L’alliance des Nains, Années 300 à 450

« J’ai une histoire que vous aimerez, je pense. Il y a longtemps, bien avant que le clan Grenlock ne fonde Mularn, les nains régnaient ici. Ils cultivaient la terre grasse le jour et retournaient sous la montagne le soir. »
– Denise, villageaoise Viking

Alors que les survivants des clans Vikings descendaient vers le Sud, ils découvrirent les premières bourgades naines, qui en ces temps anciens vivaient encore sous la terre, mais découvraient les richesses de la surface, à travers la culture de la terre ou encore la chasse. Peu nombreuses furent les hostilités, la terre était encore vaste et vierge, Nains et Vikings priaient les même dieux et défendaient les mêmes valeurs. C’est tout naturellement que les premiers vinrent à l’aide des seconds, et les aidèrent à s’installer. Ainsi se forgea une alliance et une amitié naturelle entre les deux peuples, unis contre l’adversité. Du peuple Nain, les Viking apprirent beaucoup sur l’art de la forge et l’artisanat, tout en leur enseignant en retour la construction de batiments et les aléas de la vie à l’air libre.

Le ralliement des Trolls, Années 450 à 540

« Grunt, Nain être envoyé par Inkasha. Inkasha avoir grandes visions. Visions raconter légendes oubliées. Légendes être oubliées depuis longtemps. Mogo longtemps ! »
– Corath, jeune chaman Troll

La nouvelle communauté prosperait en nombre et en force, et il devint nécessaire de découvrir de nouveaux territoires et de nouvelles richesses. Les premiers drakkars s’en irent sur les mers, prenant une juste part de butin sur les terres d’une Albion alors divisée par les conflits, et d’une jeune Hibernia aux sols riches et fertiles. Mais sur leur propre terre, les éclaireurs Vikings et Nains durent bientôt cesser leurs avancées. D’autres peuples hostiles vivaient sur leur sol. Plus d’un groupe de colons isolés tomba dans une embuscade Kobold. Mais si les peaux-bleues n’étaient qu’une nuisance de passage, leur tribus nomades ne s’attardant jamais sur un territoire bien défendu, les terribles tribus Trolls vivant loin dans le Sud ne comptait pas céder un pouce de leurs territoires à ces nouveaux venus. Ce peuple ancien vivant depuis si longtemps dans un environnement hostile, peuplé de créatures vindicatives, était rompu à l’art de la guerre. Les premiers conflits violents et lourds en pertes firent place au fil des années à des escarmouches temporaires, chacun des camps rappellant ainsi à l’autre sa présence et sa vaillance. De nouvelles inquiétudes plissaient les fronts : dans la lointaine Albion, un nouveau roi charismatique unissait ses troupes. Les raids devenaient infructueux, et pis encore, des étrangers s’en venaient combattre jusque sur les sols sacrés de Midgard ! C’est alors qu’une immense armée de Trolls, un collossal rassemblement de presque toutes leurs tribus, se mit en branle vers Jordheim, la grande cité batie conjointement par les Vikings et les Nains. Personne n’osait s’interposer sur leur route, tous préférant rallier Jordheim pour la défendre. Mais alors que sur les murailles de la ville s’amassaient ses défenseurs, l’immense cohorte des Trolls s’arrêta dans un épais nuage de poussière. Des émissaires de chaque camp s’avancèrent, et la plus improbable des alliances fut conclue. Le peuple Troll s’en venait défendre Midgard contre l’avancée des troupes d’Arthur, ainsi que celles de mystérieux combattants venus d’Hibernia.

La venue des Kobolds, Années 540 à 590

« Aha ! Canouveaupige… euh, nouveauvisageàVasudheim. Cacontentdêtrelà ? Cabonneville, justesavoiroùaller. PasallervoirKyba, çadiremensonges, pasallervoirDaga, çadiremensongepires ! »

– Erekith, Kobold peu recommandable

Débarassée de ses luttes intestines, Midgard repris force et vie. Vaillants Vikings, braves Nains et puissants Trolls combattaient ensemble et libérèrent leurs terres encore occupées. Nul doute que cette nouvelle alliance explique la désorganisation et la débandade des armées d’Albion d’alors. Dans un royaume à nouveau uni, les tribus Kobold qui vivaient autrefois de larcins et de rapines, profitant des conflits pour assaillir les voyageurs affaiblis et les villages isolés, se réunirent extraordinairement dans un lieu qui reste encore aujourd’hui inconnu. Ainsi tous semblèrent avoir disparu soudainement, et quelques mois après ils se présentaient plus ou moins timidement dans de nombreuses villes, redoublant d’effort pour convaincre de leur bonne volonté, et de leurs intentions désormais rigoureusement pacifiques. Tous se souviennent encore des débuts difficiles, et des peaux-bleues qui se firent massacrer sans pitié par des villages en colère. Mais curieusement la plupart réussirent à se faire petit à petit une place dans l’alliance des races de Midgard, et plus d’un s’est surpris à reconnaître que les avoir de son côté au cours de combat est un avantage non négligeable. Cependant, d’aucuns ne sauraient oublier que les motivations de ce soudain revirement restent secrètes, ainsi que ce dont il fut débattu au cours de leur mystérieux grand conseil tribal. « 

Cette partie est complétée par un poème, commenté par Boubou lorsquu’il le retranscrit aux Vierges au cours de trois longues soirées.

Le Père de tous> Óðinn
a capacité d’agir,
Les Elfes ont compréhension,
Les Vanes > Dieux anciens
connaissance,
Les Nornes >géantes maîtresses du destin des humains et des Dieux
ont révélation,
Iviðja > »habitante des bois », sans doute la mère du loup Fenrir
engendre,
Les humains supportent,
Les Thurses > les géants mauvais
attendent,
Les Valkyries se languissent.

Les Ases >les Dieux Nordiques principaux
se doutèrent
Qu’un plan mauvais se préparait,
Le vent, il fut confondu
Par les Esprits avec les runes;
On chargea Urðr > une des Nornes
De surveiller Óðhrærir, > l’hydromel de la poésie, dont on boit pour acquérir la connaissance, il est aussi connu sous le nom de Ódrœrir
Puissante est-elle à le protéger
Du pire des hivers.
Hugr >sans doute Hugin, « la pensée » un des corbeaux d’Óðinn
disparaît
A la recherche des cieux,
Ils suspectent des humains
La destruction, s’il tarde;
La pensée de Þráinn> un Nain
est un rêve épais,
Le rêve de Dáinn > un Nain
Apparaît mystérieux.
Les pouvoirs des Nains
S’effritent, les mondes
S’enfoncent dans
Ginnung, l’abysse du vide ;
Souvent Alsviðr> un des chevaux qui tirent le soleil
Tombe de là-haut,
Souvent, il réunit
Ceux qui sont tombés.
Terre ni Soleil
Ne peuvent se tenir;
Des vents mauvais
Forment des courants incessants;
Caché dans le glorieux
Puit de Mímir >Puit situé au pied de l’arbre du monde, et d’où coule toute sagesse
Toute connaissance est couchée;
Sais-tu déjà, ou quoi?
Elle reste dans la vallée
La Dise avide de connaissance >on peut traduire « dis » par « femme » et « forvitin » par « curieuse » mais je trouve qu’on perd alors l’esprit du poème
Du frêne Yggdrasill
tombée;
De race elve,
Iðunn était son nom,
D’Ívald >un patriarche Elf la plus jeune
De l’ancienne portée.
Elle supportait mal
La chute depuis là-haut,,
Confinée sous le tronc
Du précieux arbre;
N’appréciait pas du tout
Chez les filles de Nörvi > le père de Nuit,
Habituée à un meilleur
Logement chez elle.
Les Dieux victorieux > formule toute faite, ou ironie ?
virent
La peine de Nauma [nouveau nom d’ Iðunn après sa chute
Dans le temple du cheval >ici, cheval = loup, comme on le comprend plus tard;
Une peau de loup [ou de monstre à elle donnée,
Elle s’en couvrit,
Changea son humeur,
Prit plaisir « à la calamité »,
Changea de forme.
Viðrir >Óðinn
sélectionna
Le gardien de Bifröst >le pont qui relie Asgard aux autres mondes. Son gardien est Heimdall
Pour demander à
La porteuse du soleil de Gjöll > nom d’une rivière souterraine, c’est Iðunn-Nauma qui l’illumine de sa présence; noter la forme « Gjallar » qui évoque le Gjallarhorn de Heimdall
Ce qu’elle savait
Des affaires du monde;
Bragi > Dieu de la poésie, et mari d’ Iðunn et Loftr > « l’aérien », Loki
Etaient témoins.
Ils chantèrent le galdr > chant-hurlement à base de runes,
Ils chevauchèrent des loups [encore une façon de pratiquer la sorcellerie,
Rögnir et Reginn >peut se traduire par: Les Dieux et les Puissances suprêmes
Vers la demeure de Heimir;
Óðinn écoute
Dans Hliðskjálf > une tour placée dans Asgard;
Observe des voyageurs
Le lointain parcours.
Le sage > Heimdall
demanda
A la serveuse d’hydromel > les déesses servent l’hydromel magique,
Enfant des Dieux
Ainsi que ses compagnons de route [demandèrent,
Si elle connaissait l’origine,
La durée et la fin
Du ciel, du séjour des morts,
Du monde.
Elle tut sa pensée
Et Gefjun > troisième nom donné à Iðunn
fut incapable
De prononcer un mot,
Ni d’exprimer quelque joie;
Des larmes jaillirent,
Des boucliers du crâne > les orbites,
La puissante était
Privée de son pouvoir.
Il en arrive un de l’Est > les Thurses vivent « à l’Est »,
Sortant d’Élivágar > l’océan arctique, de l’autre côté duquel vivent les Thurses
Une épine venant du champ > le mot « épine » est aussi utilisé pour désigner un Thurse
Du Thurse glacé > le tout désigne donc un géant, lui-même enfant d’un géant glacé,
(Epine) avec laquelle Dáinn > un nain, un troll ?
Tue les gens
Du glorieux Midgard > lieu d’habitation des humains
Chaque nuit.
Les actions sont floues,
Les bras pendants,
L’épée du Dieu immaculé > Heimdall
S’affaisse sous le trouble;
Par le vent de la géante
L’accablement chasse,
le fonctionnement de l’esprit
De l’humanité entière.
Ainsi les Dieux sentirent
L’état d’esprit de Jórunn, > encore un nom donné à la völva
Gonflé de chagrin,
Alors qu’aucune réponse ne venait;
Ils devinrent plus insistants
Quand réponse leur était déniée,
Mais toutes leurs paroles
Furent en vain.
Il continua, le responsable
De l’expédition, > Heimdall
Gardien de la possession de Herjan, > « conducteur des armées », Óðinn
le Gjallarhorn;
Il choisit comme compagnons
le parent de Nál, >mère de Loki, son « parent » est Loki lui-même
Le poète de Grímnir > « le dissimulé », Óðinn; son poète est Bragi
Montait la garde.
A Vingólf > « plaisante demeure », peut-être Valhöll, le fameux « Valhalla » séjour des guerriers morts au combat ?
De Viðar >Óðinn les guerriers, >Heimdall et Bragi sont les guerriers d’Oðinn
Par les fils de Fornjót >nom d’un géant
Tous les deux transportés;
Ils [les géants transporteurs – ou les Ases transportés ?
entrent,
Saluent les Ases,

De suite à la fête de la bière
Joyeuse d’Yggr > »celui qui engendre la crainte », Óðinn:
« Bonne santé, Hangatýr, > »Tyr pendu », Óðinn
Le plus heureux des Ases,
Puisses-tu présider à
L’hydromel depuis le plus haut siège! »
« Asseyez-vous, Dieux, dans le délice
A la fête de la boisson;
Puissiez-vous, avec Yggjungur, >Óðinn
Jouir d’un éternel bonheur! »
Assis sur les bancs
A l’invitation de Bölverk > »celui qui crée des troubles », Óðinn
La tribu des Dieux
Fut de Sæhrímnir >sanglier dont la chair ne s’épuise jamais
rassasiée;
Skögul >une Valkyrie qui sert à boire, affairée aux tables,
Servit dans les cors une bonne mesure
De l’hydromel de Mímir >la boisson qui donne la connaissance
Tiré du récipient de Hnikar > »celui qui pousse, qui lance », Óðinn
Beaucoup fut demandé
A cours du banquet
A Heimdall par les Dieux,
A Loki par les Déesses,
Si la femme avait prononcé
Des prophéties ou de sages paroles;
Toute la journée ils demandèrent
Jusqu’à ce qu’approche le crépuscule.
Tristement, ils conclurent,
Que s’était perdue
Leur futile aventure
De petite gloire;
Difficile d’inciter
Une telle femme
A fournir une réponse.
Ómi >Óðinn répond,
Tous écoutèrent:
« C’est la nuit que
Se font de nouvelles opinions;
Que pense jusqu’au matin
Celui qui est capable
De donner un conseil
Pour le bien des Ases! ».
Le champ de Fenris >le soleil
Son grenier à foin > le soleil
Court le long des courants
Des plaines de Rindr >déesse Vane représentant l’Ouest; le soleil se couche
Les Dieux quittèrent
La fête et saluèrent
Hroptr > »l’aérien », Loki et Frigg >femme d’Óðinn,
Comme Hrímfaxi >un cheval de Nuit
montait.
L’enfant de Delling >Delling est le père de Soleil
S’installa sur son cheval,
Bien décoré
De pierres précieuses;
La crinière du cheval luit
Au-dessus de Manheim > »demeure des humains », le monde des humains,
L’étalon avec son chariot
Entraîne le trompeur de Dvalin >un nom de nain.
De Jörmungrund [ou Jórmungandr, nom du serpent entourant la terre et couché au fond de l’océan arctique
La frontière Nord,
Sous la plus lointaine racine
Du noble arbre,
Vont se coucher
Géantes et Thurses,
Morts, nains,
Et Elfes noirs.
Les Dieux se levèrent,
L’Elf-soleil a couru,
Nuit s’est avancée
Vers le Nord, vers Niflheimr;
Le fils de Úlfrún >une géante, la mère de Heimdall
A levé Árgjöll, > »celui qui résonne fort (« gjöll « ) et tôt (« ár ») »
Le puissant souffleur de cor,
Dans Himinbjörg. >demeure de Heimdall

I.3 La croisée des chemins

Chapitre 1

La croisée des chemins

 » Elle sortit brisée et dépitée du cercle de pierre.
Plus tôt dans la journée son grand amour l’avait rejeté à jamais et là, les
prédictions de cette norne, qui l’avait maintes fois aiguillée vers les bonnes voies, venaient de l’achever.
Jusqu’alors l’approche de la mort ne l’avait jamais effrayée et maintes fois elle avait senti son souffle froid et mordant souffler sur sa nuque…
Mais depuis quelques temps, son caractère avait changé ; la présence, le réconfort d’une certaine personne, la poussait à craindre la mort de l’une d’entre elles et les séparer définitivement.
Alors, savoir que son heure était venue en cette soirée si maussade, ne lui donna aucun regret, et ne voulut plus écouter les préparatifs de la shaman pour repousser une fois de plus l’échéance…
Elle quitta donc ce lieu de prière et se força à devancer l’appel, espérant simplement pour que ce ne soit pas Hell qui la recueille. Elle traversa la sombre foret vers son destin…
Plus tard des sœurs trouvèrent non loin de sa tombe un étrange texte écrit en runes.

Dans la pénombre, elle rencontra les silhouettes peuplant ses rêves
Elles dansaient sur la voie qu’elle suivait, lui montrant le chemin à emprunter
Ces créatures qui l’avaient tant effrayées lui paraissaient si douces
Maintenant qu’elle avait trouvé le chemin de l’oubli et de l’abandon.

En suivant la voie des ténèbres
Vos souhaits deviendront réalités
A la croisée des chemins vous rencontrerez
Tout ce auquel votre cœur aspire vraiment.
Ayez foi dans les ombres,
Lorsque votre visage se reflétera en eux.
Une fois endormie vous vous réveillez selon vos désirs
Et vous apercevrez que vous sommeiller éternellement. « 

-« La suite est déchirée… » fît Slay en levant les yeux vers Neraia.
-« Si c’est bien Bryn qui a écrit cela, nous en saurons plus demain. »
Leurs visages éclairés d’une bougie semblait étrangement calme mais retenu. Leurs sourcils froncés trahissent leur préoccupation. Les deux Vierges ont trouvé ce parchemin sur la grande table, alors qu’elles se croisaient en cette nuit de pleine lune pour aller prendre l’air.
Le lendemain, Aeli envoyait un message, annonçant que sa bien-aimée Brynhild s’était tuée. Elle avait retrouvé la place de sa mort marquée d’une tombe, alors qu’elle cherchait à la retrouver près d’un village, et refusait d’en dire plus.

Islidnna n’était alors pas là, partie pour quelques jours d’achat, et ne savait rien de l’annonce de la mort de Brynhild par Aeli. Le jour où son amant la demande en mariage à Jordheim, elle reçoit l’ordre de se rendre à Hugginfel, où toutes les Vierges sont attendues par Aeli.

Elle raconte elle-même cette scène dans son journal.
« Alors que je cherchais à contacter les Vierges pour leur annoncer la bonne nouvelle, j’appris qu’un problème était survenu avec l’une d’autre nous. Brynhild, notre Maitre de Guilde bien aimée, s’était enfuie, visiblement tourmentée, avec des paroles inquiétantes, parlant  » d’acte irréversible « . Il fallait que je me rende au plus vite auprès d’elles. J’embrassai alors Rorkal, l’assurant de le tenir au courant par pigeon voyageur dès que je le pourrais, et attrapai mon poney pour les rejoindre.
Il fallait tenir conseil et nous nous retrouvâmes dans une maison pour discuter, chacune essayant de comprendre les raisons de son acte. Car dès les premières constatations, son geste paru un suicide. Elles avaient retrouvé sa tombe, et son comportement étrange les avait alertées.
Nous savions toutes les sentiments très forts qui la liaient à Bryn, et aucune ne souhaitait lui rendre le moment plus difficile. Mais il nous sembla tout de même pouvoir discerner qu’il s’était passé quelque chose entre elles : une dispute qui aurait peut-être mal tourné ? Et chacune cherchait à se souvenir de ses derniers mots, d’un détail qui aurait pu nous éclairer.
Ainsi, elle avait quelques temps avant son départ parlé d’un homme, un ancien amour… des mots étranges, des incertitudes, des hésitations dans ses paroles. Soudain, Aeli s’enfuit, sans expliquer son geste, parlant d’une ‘affaire personnelle à régler’. Nous comprîmes toutes qu’accablée par la douleur et l’incompréhension face au geste de son amie, elle aie eu besoin de se retirer. De plus, nous entendîmes un message post-mortem, sorte d’explication de son geste écrit de la main de notre Sœur, qu’avaient trouvé Neraia et Slayanya. Hélas, ses mots ne nous éclairèrent pas beaucoup.
Nous pensions cependant comprendre que c’était bien un drame qui avait poussé Bryn au suicide, et non un geste inconsidéré. Alors que nous étions en train de continuer d’avancer des hypothèses, nous remarquâmes un homme qui, présent dans la pièce depuis quelques temps, s’intéressait à notre conciliabule.
– » Bon cœur à vous Gentes Dames ! Je souhaiterais écouter votre histoire et partager votre peine  » .
Nous déclinâmes son invitation, en lui faisant comprendre que cette affaire personnelle ne pouvait lui être dévoilée, mais une de nous chuchota : –  » Et si c’était l’homme dont elle parlait ? « .
Nommé Angromond, il se tenait devant la porte et dit quelques phrases étranges….
-« Le hasard d’une mort »
-« Que nous aurions en commun? » Vocifère Sil.
-« Mais je suis en bonne compagnie. Je veux vous entendre. »
-« Nous entendre pleurer, vous moquez-vous? »
-« Eclaircissez vos dires, car la rage est prête à bondir » dit Sil en portant la main à sa garde.
L’échange fût bref et nous rendit perplexes…. Il ne répondit pas quand à savoir s’il connaissait notre Sœur, mais vint vers moi et me fit don d’une cape avant de s’éclipser. Ivory dût à regret partir à son tour, convoquée auprès d’un parent extrêmement malade. Neraia, Psylvien, Sil, et moi étions décidées à aller rendre un dernier hommage à notre défunte Sœur, en nous rendant sur sa tombe.
Psylvien : « Qui cherche donc à semer le trouble parmi les Vierges ? Cette histoire ne me plait guère… »
I »Moi non plus je vous l’avoue je n’aime pas ce qui se trame » ajoutais-je.
La pluie s’était mise à tomber sur la terre de Midgard comme sur nos cœurs emplis de douleur.
« C’est une histoire bien sombre… » dis-je,
« Pourquoi Bryn nous aurait-elle fait ça? »
Psylvien : « Je doute de tout et de tous maintenant… » fit-elle en faisant la moue
Neraia : « Le problème, c’est que nous devons l’emmener au Walhala, sans quoi Hel prendra possession de son âme… »
« Oui, on doit y aller » dis-je, « Je te suis Ner ».
Neraia : « Je comprends très bien ce que tu ressens Psyl… »
Neraia : « Je suis Sil »
Sil : « prête ! »
Nous partîmes en direction de la tombe, non sans appréhension. Sur le chemin, je réfléchissai à cette rencontre avec Angromond, et à la cape qu’il m’avait donnée.
Je dis, « et cette histoire de cape aussi… Angromond est toujours là, dans le coin… »
Psylvien dit, « seul? ».
Nous ne savions finalement rien de cet homme… et s’il avait cherché à nous faire comprendre quelque chose ?
– « Dites je vois que vous êtes toutes en rouge, c’est une convention des Vierges? » dis-je
J’avais remarqué être la seule à ne pas porter au moins une cape rouge dans l’équipe.
Psylvien : « Yep »
Neraia : « On aime le rouge, les taches de sang s’y voient moins » fit-elle en riant.
Elles me donnèrent une teinture rouge que j’appliquais immédiatement sur ma cape.
« Hehehe ! » soufflais-je fière de mes nouvelles couleurs. »Je suis une vrai Vierge de Wotan maintenant! »
Psylvien : « parfait!! »
Etait-ce la signification du geste d’Angromond ? Je ne le savais pas encore, mais je me sentais tout à coup beaucoup mieux, rassurée… Il n’y a pas de hasard, tout cela est la volonté d’Odin, qui guide nos pas…
Sil : « Ce qui est bizarre, c’est ce Fulgor, qui m’a parlé alors que je le connais pas »
Psylvien : « Que se passe-t-il? »
Neraia : « Le Troll? »
Sil : « Oui »
Neraia : « C’est lui qui t’a dit où trouver la tombe de Bryn? »
Décidément, les rencontres étranges se succédaient ce soir… Devais-je ajouter que moi aussi, j’avais été contactée par un étrange inconnu, Guldrun, qui m’assurait me connaître, ayant passé notre enfance à chasser les termites non loin de Vasudheim ?
Psylvien : « Les cheveux commencent à se hérisser sur mon crâne,…. c’est une conspiration? » souffle-t-elle,
– « Oui » lui répond Sil
Et Neraia d’ajouter : »the plot thickens », dans une langue étrange qui lui est familière, à laquelle Psylvien répond « Will the Wotan’s Maidens ever find the answer ?… »
Nous arrivions à la tombe, et la tension allait en s’exacerbant… Bientôt, elle fût en vue, non loin d’un repaire de Svard Blodfelags.
Psylvien : « Oui elle est la… »
Nous nous dirigeâmes toutes vers la tombe de Brynhild, formant une procession mortuaire bien pénible…Neraia envoie un baiser à la Tombe de Brynhild et je pleure devant la stèle….
Mais bientôt, il fallu partir….
Sil : « Prêtes ? »
Psylvien : « … oui…. »
Neraia : « … en quelque sorte … »
Le retour s’avèra difficile, comme si le sort s’acharnait à nous accabler…
Arrivées à Hugginfel, nous retrouvâmes Aeli, qui s’explique sur les raisons de son absence, et ce qu’elle a appris sur la mort de Bryn. Grossbouf, un ami de longue date, assiste avec nous à cet instant crucial. »

Le jour suivant, la rousse guerrière revint l’air sombre et fermé, accompagné d’une Brynhild au visage livide. Elles s’enfermèrent dans leurs quartiers. Pendant deux jours aucune n’osa les interroger.
Etrange penserez-vous peut-être mais il faut comprendre les liens qui les unissent pour savoir que chacune sait que son destin est lié à celui de toutes les autres. Quoi qu’il advienne. Une des raisons pour lesquelles elles ne cherchaient alors pas à obtenir des réponses avant que le temps fût venu de les avoir, tient certainement aussi à la pudeur et au respect qui régnaient entre elles.

La cérémonie d’Higueleen avait lieu le soir même. C’est une grande fête pour elles toutes, acte par lequel la jeune pretresse de Hel va rentrer dans leur rangs.
Dans la journée, Psylvien, Rorkal et Isli se retrouvent pour discuter.

La cérémonie se passe fort bien. Si ce n’est pas présence d’une certaine Guldrun, venue aux côtés d’Hingueleen. La jeune fille l’avait rencontrée les jours précédents. Selon ce qu’Aeli dévoila par la suite, il semble qu’elle fût la Diseuse de Bryn, qui allait la consulter régulièrement.

Rentrées à la maison des Vierges, Aeli prit la parole devant elles toutes afin d’expliquer, hésitante et choquée, alors qu’aucune n’avait encore revu Brynhild, barricadée depuis ce retour.

– « Vous toutes mes Soeurs, savez dans quel état j’ère en ce moment. J’ai accompli quelque chose d’affreux il y a deux nuit pour permettre à Brynhild de revenir du Walhöll.
Pour celle qui n’etait pas là je vais récapituler succintement ce qui s’est passé :
Alors que nous étions à Hugginfel à se demander pourquoi Bryn avait fait ça, des visions me traversèrent l’esprit,l’image d’une jeune fille ressemblant étrangement à Bryn se promenant a Audliten.
Ecoutant mon instinct, je me dirigeai a la rencontre de cette jeune fille qui repondait au nom etrange de Brynhildr. Apres plusieurs heures de marche je la trouvai près d’un arbre au bord de l’eau et c’est que tout bascula. »

La guerrière pâlit, baissant les yeux et levant ses mains en signe d’impuissance.
– « Mon corps ne m’appartenait, plus j’étais consciente mais je ne pouvais pas contrôler mes mouvements ni mes paroles, et je fût entrainée avec elle dans les montagnes sur un lieu sacré.
Là nous attendîmes le message d’Odin et à l’heure où le soleil dardait ses premiers rayons, Thor prit mon bras et poussa la jeune fille dans le vide. Une voix résonnait dans ma tête, une vie pour une vie me disait-elle.
Une larme coula sur ma joue et accompagna la chute de la jeune fille.
Je m’écroulais fatiguée, hébétée puis après quelques secondes je devalais la pente pour trouver le corps de la jeune fille.
Je lui prit la main et tenta de la panser mais la chute avait été fatale, dans son dernier souffle elle me parla d’une norne d’un rituel et d’une certaine Guldrun, et surtout je decouvris que c’etait la soeur de Bryn.
Je pris l’épée à son coté car je sentais qu’il fallait la garder et je me dirigeai vers Huggin pour vous retrouver mes soeurs.
Le lendemain le rituel avait marché, Bryn etait revenu mais il reste une chose a accomplir mes Soeurs et dans le plus grand secret face a Brynhild, trouver comment faire revenir sa soeur avant qu’elle ne découvre la vérité, nous devons trouver le moyens de ramener Brynhildr du Walhöll sinon je crains que Bryn ne me pardonne jamais ce que j’ai fait.
J’ai besoin de vous mes soeurs j’ai besoin de vos talents, j’ai besoin de la vitesse de Bragi, de la bravoure de Tyr, des pouvoirs de Hel, du savoir d’Odin, de l’art d’Eir, de la discretion de Loki et enfin du charme de Skadi.

Sans vous Bryn decouvriras la verite je demande d’etre discrete dans vos recherches et de faire au plus vite.

J’ai demandée de l’aide à une jeune personne, Hingeleen dit Hing, la seule que je connaisse à disposer des pouvoirs de Hel.
Je lui ai demandée d’aller parler a Guldrun au sujet de la disparition de Brynhildr (je n’ai pas put lui parler du rituel, j’ai trop honte) car cette derniere ne veux pas parler aux vierges de Wotan du moins pour l’instant, je l’ai apercut au mariage de lame entrain de boire de la cervoise et quand je lui ai parlée elle s’est enfuis.
J’attend donc les réponses de guldrun a travers Hing mais apres ce seras a vous de faire la suite je dois resté aupres de bryn afin de ne pas eveiller les soupcons.
« Ah oui encore une chose mes soeurs » finit-elle,
« J’ai omis de vous dire que puisque Brynhildr la soeur de brynhild n’est pas morte au combat les armes à la main son me ne peut atteindre le Valholl, je ne sais pas si elle ère dans Midgard mais le rituel que j’ai accompli n’est pas gratuit, Thor a entendu mes prières pour faire revenir Bryn en contrepartie il m’a retirés les pouvoirs qu’il me conferait.
Tant que nous n’aurons pas trouve le moyen de sauver Brynhildr je serais sans aide de la part de mon dieux c’etait le prix a payer, mais Bryn etait trop chere a mes yeux pour ne pas essayer. « 

Les Soeurs écoutaient le discours de leur compagne, chacune exprimant un sentiment différent. Ce fût le premier évènement qui les partegea.
Islidnna les consigne dans ses écrits:

« Et pourquoi ne nous avoir rien dit, nous avoir laissé dans le doute à pleurer des heures durant? »
Aeli s’effondre d’épuisement sur le sol…. et dit, « je ne pouvais rien dire cela risquais de compromettre le rituel »
Psylvien : « Hélas, je viens d’entendre Psylviann me parler… ton acte réjouit Hel…. »
« Bryn te dois donc la vie? » lui dis-je, et, alors que Neraia se cache le visage dans ses mains, j’ajoute : et sa soeur la mort…… »
Grossbouf : « il ne faut jamais regretter les actes passes Mes dames »
Aeli : « Elle me doit rien, Odin a voulut Bryn près de lui pour lui parler, je suis sur qu’à son retour elle aura des choses a nous dire »
Sil : « Oui mais cela nous explique pas qui a provoqué la mélancolie chez Brynhild »
Psylvien : « J’avoue ne pas comprendre… »
J’ajoutai « Ce que je ne comprends pas c’est la mort de sa soeur…. pourquoi? quel est donc le prix de la vie? »
Aeli : « Je n’en sais rien Isli, je n’en sais rien…. la volonte de Wotan »
Grossbouf dit, « La vie n’a pas de pris Petite Islidnna »
Neraia : « Parole de sagesse Gros… »
Aeli : « Je devais accomplir le rituel seule car c’est a cause de moi qu’elle a commis cet acte »
Psylvien : « comment???? »
« Ah donc voilà la cause » m’écriais-je.
Sil : « Brynhildr est morte pour que sa soeur Brynhild revive »
Neraia « Oh! »
Aeli : « Je ne puis vous en dire plus pour l’instant, c’est trop tôt … « 
Grossbouf dit, « Mais ce n’est pas en vous lamentant sur vos même que vous lui ferez honneur »
Psylvien : « J’en ai assez entendu…….. je suis dans une fureur noire…. »
Aeli : « Sachez une chose mes sœurs, une aventure nouvelle commence « 
Je dis : « Brynhlidr est morte pour sauver Brynhild qui s’était suicidé à cause de Aeli »
Neraia : « Il faut que j’aille… méditer. Dans les montagnes. »
Aeli : « C’est un peut ça Isli, mais pas simplement. Des forces sont a l’oeuvre et masque la verité »
Psylvien : « ne nous abandonne pas… »
Neraia : « Je vous salue tous. Je me retire. « 
– « En tout cas, nous sommes plus soudées que jamais…. dans le malheur et la joie mélangés…. » dis-je. »Ce soir j’aurais appris beaucoup de choses mes soeurs, et je ne vous en aime que plus. »
Aeli : « Je vais devoir me retirer le rituel m’a épuisee et j’aie grandement besoin de repos »
Neraia, quand à elle, dit « Au revoir mes soeurs. Je vais me chercher la sagesse de Bragi vers les sommets les plus hauts.  » et disparu.
Psylvien dit « moi, je ne comprends pas… c’en est trop… », avant de s’enfuit à son tour…

L’amour et la mort intimement liés: tragique destin que celui des Vierges de Wotan, et qui n’aura cesse de se répéter. C’est au cours de cet épisode que les guerrières affirmèrent aussi le port de la couleur rouge comme signe distinctif.

Neraia composa une ode à ce moment troublé, c’est une de son répertoire et il n’était pas rare qu’on la chante encore au coin des auberges, alors que toute cette histoire était devenue légende…

« Chante pour moi l’adieu
Ce doux son
Que les jours passés
Me rappelle toujours

La vie de l’amour
Amours de mon coeur
Oh heureuse, toi mon âme
chante doucement…

Force ta lyre et chante
L’hymne de le mort
Le ciel s’ouvre a nous
Volants vers les rayons

La vie de l’amour
Amours de mon coeur
Oh heureuse, toi mon âme
chante l’adieu… « 

Alors que Lame et Grossbouf proposaient leur aide, un autre vint se joindre à leur quête: Altaïr. Cet homme sombre et érudit, guerrier de Thor, apprit un jour qu’Aeli avait perdu ses pouvoirs.

« L’après midi était froide mais la ballade agréable. Après quelques escarmourches, nous arrivions enfin en vue du camps de bandits que nous nous étions promis de mettre au pas. Après avoir repéré les lieux, nous décidons d’éliminer les sentinelles. Bientôt, sur le plateau rocheux ou dans les collines avoisinantes le combat fait rage. Le guerrier de Thor commence à bien connaître ses compagnons de combats et il sait qu’il n’est nul besoin de beaucoup de mots pour se comprendre. Inlassablement les escarmouches se succèdent alors que le petit groupe avance vers le camp.
Pourtant au fur et à mesure des combats quelque chose le tracasse. Quelque chose d’inhabituel. Ce n’est pas son frère Grossbouf dont les chants de guerre rythment les combats, ce n’est pas Dame Sil dont le bouclier est toujours là pour dévier les coups qui lui sont destinés, ce n’est pas Dame Lame, qui apparaît des ombres pour frapper l’ennemi dans le dos, ce ne sont pas les Dames Vorhala et Rouma, dont inlassablement les soins viennent revigorer les combattants….non c’est autre chose.
Repoussant ce sentiment gênant, le guerrier de Thor s’apprête a déchainer la foudre sur une patrouille isolée quand soudain il comprend. Pendant le combat, il ne peut s’empêcher de regarder Dame Aeli. Oh bien sur elle se jette dans le combat avec son courage habituel, mais contrairement à son habitude elle n’invoque pas la puissance de la foudre.
Profitant d’un court moment de repos après un combat éprouvant, le guerrier de Thor s’approche de la jeune fille et s’assied à côté d’elle. Dans un souffle il lui glisse :
– Dame Aeli, pourquoi n’invoquez vous pas la puissance de Thor ?
A ces mots la jeune femme blémît et commence à bredouiller quelques mots, avant de relever la tête et croiser son regard. Elle n’y voit nul jugement, nul reproche, simplement une surprise sincère.
Alors en quelques mots elle lui raconte ce qu’il lui est arrivé.
Le guerrier de Thor ne dit rien d’abord, mais une fois rentré au poste frontière, il s’approche de la jeune dame et lui dit :
Je connais un Shaman, je lui parlerait de ce qui vous arrive, peut être pourra-t-il vous aider. En attendant vous savez que vous pouvez compter sur mon aide. « 

Malgré cela, rien ne fût réussi pour sauver la soeur perdue de Brynhild, et personne ne lui parle jamais d’elle, ni du geste d’Aeli.
On a pu retrouver un écrit d’Ivory, très pragmatique, à ce sujet:

« Revenue parmis nous, Bryn semble ne se souvenir de rien, mais a parfois quelques aspects ‘changeants’ dans sa personnalité.
Isli, avec le pouvoir des Runes, a pu réparer la statuette cassée d’Aeli pour lui rendre au plus vite ses pouvoirs… et a eu d’étrange présages en cherchant à en savoir plus: une femme parlant de la ‘pureté des Vierges de Wotan’ qui l’aurait offensée, et dont le courroux aurait été exacerbé par un amour naissant…
Ce que nous savons… Une certaine Guldrun est apparue, amie proche de Brynhidr. Elle aurait détenu la statuette de Brynhild, mais ne l’a plus.Cette statuette pourrait-elle permettre un rituel.
Aeli possède toujours l’épée du sacrifice sur elle.
Les deux soeurs connaissaient une Norne, que Brynhild cite dans son message ‘Présage’. »

Toutes pensent cette malédiction un signe, mais ce n’est qu’un début. Très peu de temps après, leur soeur Sil est elle aussi directement impliquée, comme si, ainsi que le disait Isli, ‘le sort semblait s’acharner contre elles’. Et là de plus une histoire d’amour est en cause.

J’ai couru vers le rivage,
J’ai maudit les Nornes,
Je voulais me libérer
Du destin qu’elles me réservaient,
Les vagues m’ont soulevée,
Ne m’ont pas laissé noyer,
M’ont emporté jusqu’au rivage
Et j’ai été bien forcée de survivre.
Gudrúnarhvöt (l’exhortation de Gudrun), dans l’Edda.